16/02/2013
Dans le cercle fermé du monde des chevaux,
On le nomme "la perle noire".
Si je vous dis qu'il est grand, fort et beau,
Je vous prie de me croire.
Lorsque vous le verrez au fond de sa pâture,
Vers vous lever la tête majestueusement,
Aussitôt le silence de la dame nature
Se verra déchiré par son hennissement.
Car, pour vous saluer, il cessera de paître
Et d'un trot enlevé, la crinière au vent,
Il viendra devant vous aussitôt comparaître
Et souffler vos mains de ses naseaux fumants.
Vous percevrez alors cette splendeur ébène
Que le ciel à donné à tous ces beaux frisons,
Et le regard venu du fond de ses paupières
Mettra sur votre peau le plus doux des frissons.
Il faut, pour lui parler, que de simples murmures.
Pour le récompenser la caresse suffit.
Il vous promène alors en des ballades sures
Qu'il vous fait partager, comme un très grand ami.
Il répond à la voix tout aussi bien qu'au geste,
Marche, trotte et galope au moindre chuchotement,
Et, comme c'est un baroque, au reste,
Il met de la douceur dans tous ses mouvements.
Il a assurément une très belle allure
Et promène gaiement sans jamais avoir peur.
Mais sous sa robe sombre, sa plus belle parure,
Il cache également le plus aimable cœur.
Sans le laisser paraître il sait spontanément,
De façon naturelle, en somme,
Autour de sa personne réunir simplement
Les hommes que nous sommes
Pour toutes ces raisons, il faut, âmes sensibles,
Vous tenir éloignées de ces êtres vivants.
Si vous les approchez, de manière indicible,
Vous leur serez soumis, car ils sont captivants
Pierre GERBAL