04/06/2020
Rapport d'une étude interessante sur l'économie que représente le traitement ostéopathie versus prise en charge médicale.
Ce n'est pas pour un remboursement sécurité sociale mais il est intéressant de voir qu'il faut préconiser l'ostéopathie pour certains maux qu'elle peut traiter surtout dans la crise économique qui est déjà en place.
L’ostéopathie relève des professions intervenant dans le champ de la santé. La prise en charge de nos patients se fait en premier recours, de leur propre initiative, ou sur recommandation de leur médecin. Jamais le gain financier de prises en charge combinées en ostéopathie et en médecine traditionnelle n’avait été évalué. En avril 2019, dans le cadre des travaux portant sur Ma santé 2022, le R.O.F. a mandaté, avec son partenaire CBF Assurances, le cabinet d’études économiques Astérès afin d’évaluer l’impact de l’ostéopathie en France sur les comptes de la sécurité sociale, des entreprises, des patients et de leurs complémentaires santé.
Les économistes d’Astérès se sont basés sur des études statistiquement fondées. Les seules ayant la solidité nécessaire portent sur deux pathologies : les cervicalgies et les lombalgies. Sur la base d’une thèse en doctorat de Médecine indiquant que 6 % des patients choisissaient d’intégrer une prise en charge ostéopathique à un parcours de soins conventionnels, et pour ces seules deux pathologies, Astérès conclut que le gain économique annuel global est de 67 millions d’euros. Ce montant se décompose en : 29 millions d’euros pour la CNAM ; 51 millions d’euros pour les entreprises - notamment grâce à une réduction de la durée des arrêts maladie. Pour les patients et leurs complémentaires santé, l’ostéopathie représente un coût de 13 millions d’euros. Cela est notamment dû au fait que l’assurance maladie ne prend pas en charge l’ostéopathie.
Ces chiffres méritent également d’être regardés au travers du prisme du coût moyen complet de la prise en charge par patient. Les actes d’ostéopathie intégrés à une prise en charge classique permettent une économie de 324 € par rapport à une prise en charge purement classique. Astérès indique que « le taux de réponse supérieur du traitement médical et ostéopathique permet de réduire les arrêts maladies et donc les dépenses pour les entreprises et l’assurance maladie. Les patients et leurs complémentaires santé doivent assumer le coût des séances d’ostéopathie mais bénéficient aussi d’un retour plus rapide au travail ».
De ce fait, l’économie par patient type s’élève à 246 € pour l’employeur, et à 140 € pour l’Assurance maladie. Quant au patient et/ou à sa complémentaire santé, le coût s’élève à 62 €. Ce montant paraît raisonnable compte tenu du gain de qualité de vie du patient. Il doit également être analysé dans un contexte où les complémentaires santé intègrent l’ostéopathie de plus en plus fréquemment dans leurs contrats.
Ces premiers résultats mériteraient d’être complétés par des études portant sur d’autres pathologies car ces premiers résultats tendent à indiquer que l’économie globale générée par l’intégration de l’ostéopathie à des prises en charge classiques pourrait se chiffrer en centaines de millions d’euros pour les finances publiques et les entreprises. Or, peu d’études ont été réalisées selon une méthodologie optimale.
Or, le 2nd pilier du Ségur de la Santé est « la définition d’une nouvelle politique d’investissement et de financement au service du soin ». De plus, « Ma Santé 2022 » avait été nourri de rapports préalables dont celui du Professeur Le Guludec « Inscrire la Qualité et la pertinence au cœur des organisations et des politiques ». Pour ces raisons, il nous semble que l’étude Astérès, présente un intérêt non négligeable pour les travaux actuels et dans la continuité du plan « Ma Santé 2022 ».