14/03/2026
La violence
En tant qu’observateur, et structure agissante, le cabinet Ressources tente d’accompagner à sa manière la question prédominante de la violence dans notre société. Y a-t-il véritablement aujourd’hui plus d’actes de violence qu’auparavant ?
Bien que le taux d'homicides en France ait considérablement fluctué ces dernières années, il a eu tendance à augmenter entre 2020 et 2023, passant de 1,21 cas pour 100 000 habitants en 2020, à 1,3 cas pour 100 000 en 2021, 1,4 cas pour 100 000 en 2022 et 1,5 cas pour 100 000 en 2023. Vous trouverez à la fin de l’article les statistiques de 2025, détaillées provenant du ministère de l’intérieur *. Malgré tout, la sensation d’insécurité augmente et sa conséquence sur les comportements et sur les états de souffrances psychologiques dégradent de plus en plus les interactions sociales. Pourquoi ce sentiment augmente ? On parle bien de sentiments, en effet la multiplicité des médias fait que cet écho emplit jusqu’à saturation notre pensée. Qu’est-ce que la violence aujourd’hui symbolise dans notre société : pour certains d’entre nous il y a une confusion entre la violence et l’agissement, par exemple, il y a encore des courants de pensée qui affirment que le pacifisme a emmené la guerre, notamment la seconde et relient le pacifisme au non agir, une sorte de soumission. Pour d’autres, la violence est une nécessité car sans violence il n’y a pas de prise en compte de l’opinion d’un fait social ( entre autre). Pour d’autres encore, la violence sidère et empêche malheureusement tout action.
Bien que récriminée par une partie de la population elle demeure parfois la réponse réflexe, on la retrouve notamment dans le cas d’incivilités.
Mais quelque soit la situation particulière, la question reste comment ne pas rajouter de la violence à la violence de la souffrance à la souffrance ?
Qu’est-ce qui réagit à l’agression ? qui ? (cerveau reptilien ou néo-cortex )
Est-ce que je réagirais à l’agression avec ma conscience ordinaire, archaïque et ancestrale (œil pour œil, dent pour dent ?) ou est-ce que je réagirais avec ma conscience créatrice, non répétitive du passé (ne pas répondre à la violence par la violence….) ?
Peut-on le savoir à l’avance ? On peut seulement s’y préparer, sans se faire la morale les uns aux autres et sans hurler comme des loups avec les loups ; s’éveiller à une autre conscience est-ce vraiment impossible ? Ou serons-nous toujours les esclaves des mécanismes de répétition, les victimes d’une fatalité sans fin où la guerre et la mort ont le dernier mot . Quelle réponse aujourd’hui pouvons-nous apporter à violence ? Notre expérience reliée à observation clinique des individus en souffrance qui sont parfois à l’origine ou victime de la violence, nous invite à proposer une série de conférences et de débats autour de ce phénomène. Débuté l’année dernière dans des institutions, comme des collèges ou des lycées, des lieux de vie, comme des EHPAD ou des hôpitaux, nous poursuivons cette année avec des moyens techniques originaux, notre désir de transmission et de faire évoluer la société.
Pascal Dion
Thérapeute, auteur, essayiste et conférencier.
* Dans le détail, les violences physiques repartent à la hausse (+5 %) en 2025 après une année de quasi-stabilisation (+1 %). L’évolution 2025 reste cependant inférieure à l’évolution en moyenne par an depuis 2016 (+8 %). Cette croissance est observée tant pour les violences intrafamiliales (+5 %) que celles commises hors cadre familial (+5 %). Dans le même temps, les violences sexuelles progressent nettement (+8 %), comme en 2024 (+7 %), mais en léger ralentissement par rapport aux dix dernières années (hausse d’en moyenne 11 % par an). Les viols et tentatives de viol enregistrés s’accroissent encore rapidement (+9 %). Sur l’année 2025, le nombre de victimes d’homicide augmente très légèrement (+1 %) pour s’établir à 982 victimes. Les tentatives d’homicide poursuivent leur progression (+5 %), mais avec un rythme de hausse inférieur à celui observé depuis 2016 (+8 % par an), et en ralentissement par rapport aux trois années précédentes.