05/04/2026
Bonjour à tous,
Depuis maintenant dix ans, j’accompagne Monsieur B pour diverses douleurs. Il faisait partie des tout premiers patients lors de l’ouverture du cabinet… et, au fil des années, bien plus qu’une relation soignant-patient s’est installée : une véritable amitié est née.
Il y a deux mois, il est arrivé avec une jambe qui répondait un peu moins. Une hernie discale ? Non… aucun mal de dos, aucun fourmillement. Un AVC, un AIT ? Peut-être… Une IRM cérébrale est demandée : rien à signaler. Étrange… Puis des propos parfois incohérents apparaissent. Une perte de force dans le bras s’ajoute.
L’hospitalisation devient alors indispensable pour approfondir les examens.
Et là… tout bascule.
Le ciel leur tombe sur la tête.
Le diagnostic tombe, implacable : la maladie de Charcot.
Encore une vie frappée par cette injustice. Une vie sans excès, sans faute… et pourtant.
Cette maladie terrible qui, semaine après semaine, enferme le corps, complique chaque geste du quotidien, vole peu à peu l’autonomie… et laisse l’esprit lutter.
Les pensées s’entrechoquent : pourquoi continuer ? pourquoi ne pas partir dignement, sans souffrir ?
Mais à 53 ans… on s’accroche. On s’accroche à la vie, à chaque instant, à chaque souffle.
Moi, qui ai toujours essayer de soulager, aider face à la douleur… cette fois, je ne peux rien faire. Et ce sentiment d’impuissance est terrible. Alors je cherche autrement. Je cherche simplement à lui offrir un sourire… ne serait-ce que quelques secondes.
Monsieur B est abonné au Racing Club de Lens depuis 25 ans. Une passion. Une évidence : je dois faire quelque chose.
Je contacte Éric Sikora, que je connais, et lui demande si, en achetant un maillot, il serait possible de le faire signer par tous les joueurs. Sa réponse est immédiate :
« Oui Maxime, je vais le faire. »
Grâce à Sam, le lien se fait pour récupérer et transmettre ce précieux maillot.
Vendredi, je le lui offre.
Ses yeux s’emplissent de larmes. Des larmes de joie.
Il me regarde et me dit : « Maxime, tu es fou… »
Puis il me prend dans ses bras.
Pendant quelques instants, j’ai réussi. J’ai réussi à lui faire oublier. À lui offrir une parenthèse.
Mais la réalité revient vite. Trop vite.
Et là, il me dit doucement :
« Maxime… je le mettrai pour partir. »
Et cette fois… ce sont mes larmes qui coulent.
Je voulais simplement partager ce message avec vous.
Pour vous rappeler à quel point la vie est précieuse.
Pour vous dire de profiter, d’aimer, de dire à vos proches combien ils comptent.
La vie file… trop vite.
L’an passé, nous avons perdu tant de personnes, trop jeunes… et aujourd’hui encore, nos pensées les accompagnent.
Mme Dujardin, Mme Gilliard, Mr Delcourt, Mme Delussu…
Autant de belles étoiles qui brillent désormais dans le ciel.
Alors non, ne vous plaignez pas pour une entorse de cheville…
Profitez. Vraiment.
Car le malheur, lui, n’annonce jamais son arrivée.
Je vous souhaite à tous un doux week-end de Pâques.
Maxime
Un grand merci au Racing club de Lens pour ce geste qui montre une fois de plus les VALEURS de ce club!Partage,courage,solidarité,....