Cabinet Orgadia Hypnothérapie Jean Touati Hypnothérapeute Paris

Cabinet Orgadia Hypnothérapie Jean Touati Hypnothérapeute Paris Consultation en hypnothérapie, hypnose éricksonienne, thérapie brève à Paris Centre. Troubles e

𝗠𝗘́𝗠𝗢𝗜𝗥𝗘 𝗧𝗥𝗔𝗨𝗠𝗔𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗘𝗧 𝗔𝗙𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗣𝗔𝗧𝗥𝗜𝗖𝗞 𝗕𝗥𝗨𝗘𝗟 : 𝗔𝗡𝗔𝗟𝗬𝗦𝗘 𝗗𝗨 𝗧𝗥𝗔𝗜𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘Analyse critique du traitement médiatiq...
05/08/2026

𝗠𝗘́𝗠𝗢𝗜𝗥𝗘 𝗧𝗥𝗔𝗨𝗠𝗔𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗘𝗧 𝗔𝗙𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗣𝗔𝗧𝗥𝗜𝗖𝗞 𝗕𝗥𝗨𝗘𝗟 : 𝗔𝗡𝗔𝗟𝗬𝗦𝗘 𝗗𝗨 𝗧𝗥𝗔𝗜𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘

Analyse critique du traitement médiatique de l'affaire Patrick Bruel : amnésie traumatique, faux souvenirs et fabrique du consensus scientifique.

À partir d'une analyse critique de deux émissions de télévision consacrées aux violences sexuelles, cet article examine la manière dont certaines hypothèses relatives à la mémoire traumatique, aux risques de revictimisation et au trouble dissociatif de l'identité sont présentées au grand public. Il ne porte ni sur la culpabilité ou l'innocence des personnes évoquées au cours de ces émissions, ni sur l'appréciation des faits qui leur sont reprochés, mais sur le traitement médiatique d'une controverse scientifique. En confrontant ces discours à la littérature scientifique internationale, il met en évidence plusieurs simplifications, omissions et glissements entre hypothèses, interprétations et connaissances établies. Après un rappel des principaux travaux consacrés à la mémoire autobiographique, aux faux souvenirs et aux pratiques de « mémoire retrouvée », il examine les enjeux cliniques et éthiques liés à la suggestibilité en psychothérapie. Il défend enfin l'idée que la reconnaissance de la souffrance des victimes et l'exigence de rigueur scientifique ne constituent pas des objectifs antagonistes, mais complémentaires, et qu'un débat scientifique pluraliste demeure indispensable à une information fidèle et à une prise en charge respectueuse des patients.

Lire : https://orgadia.com/medias

📺 C CE SOIR : AFFAIRE BRUEL. L'ÉMOTION ÉTAIT LÀ. LA SCIENCE, NON.C'est l'une des rares émissions qui donne encore la par...
13/07/2026

📺 C CE SOIR : AFFAIRE BRUEL. L'ÉMOTION ÉTAIT LÀ. LA SCIENCE, NON.
C'est l'une des rares émissions qui donne encore la parole à des chercheurs, des intellectuels, en laissant une véritable place à la controverse. Quand je la regarde, je pars donc avec un a priori favorable. C'est peut-être pour cela que le choc a été plus fort.

Ce soir-là, le sujet était grave et légitime : la parole des victimes de violences sexuelles, la lenteur judiciaire, l'impunité. Personne de sensé ne peut s'opposer à ce combat. Mais au fil de l'émission, j'ai vu se reproduire, en direct et sans le moindre contradicteur, quelque chose que j'observe depuis vingt ans dans tous les médias dès que ce sujet surgit : des témoignages bouleversants remontant à 30 voire 40 ans, une émotion à fleur de peau qui emplit l'écran — et l'absence totale d'un spécialiste de la mémoire, de la cognition, du fonctionnement réel du cerveau humain.

L'émotion, je la comprends. Je la respecte. Je travaille avec elle tous les jours. Mais l'émotion n'est pas une preuve. Et la sincérité n'est pas un diagnostic.
C'est ce que je voudrais expliquer ici — non pas pour défendre qui que ce soit, non pas pour nier la réalité des violences, mais parce qu'après des milliers de séances d'hypnothérapie, je sais ce que la mémoire fait quand on la presse de se souvenir.

🧠 LE PIÈGE DE LA CAUSALITÉ : QUAND LE CERVEAU VEUT UNE EXPLICATION
Notre cerveau déteste le vide et l'incertitude. Il fonctionne selon un mécanisme de causalité permanent : si nous ressentons une souffrance aujourd'hui — anxiété, dépression, mal-être —, notre esprit cherche désespérément une cause unique, logique et narrative dans notre passé pour l'expliquer.

C'est là que le piège se referme. Beaucoup de thérapeutes — qu'ils soient médecins, psychiatres, psychologues ou psychanalystes — plongent à pieds joints dans ce biais cognitif. Persuadés que « tout symptôme cache un secret enfoui », ils partent en quête d'un coupable dans l'histoire du patient.

Ainsi, de nombreuses jeunes femmes que je reçois en consultation pour un vaginisme me racontent que des médecins ou des thérapeutes les ont interrogées sur un possible abus sexuel — au motif implicite que "si la porte s'est refermée, c'est sans doute qu'on a voulu la forcer".

Je leur réponds alors, en prenant un air très sérieux : "Et pour les personnes qui souffrent de bruxisme — mâchoire constamment serrée, dents qui s'usent —, y compris en journée, leur demande-t-on si quelqu'un a essayé de leur arracher leur bifteck ?"
Si une légère inquiétude avait commencé à émerger, elle s'estompe généralement dans un sourire. S'il est des vérités qui blessent et des fictions qui guérissent, il est aussi des fictions qui font plus que blesser : elles meurtrissent.

👑 LE POIDS DESTRUCTEUR DE L'ARGUMENT D'AUTORITÉ
Face à un professionnel qui affiche un diplôme, un titre ou une blouse blanche, le patient est dans une posture de vulnérabilité et de confiance absolue. Il n'y a pas besoin d'être sous hypnose pour fabriquer un faux souvenir.
Si ce praticien commence à poser des questions orientées, insistantes ou suggestives — "Êtes-vous sûr qu'il ne s'est rien passé dans votre enfance ? Réfléchissez bien..." —, le cerveau du patient va vouloir coopérer. Pour donner du sens à sa souffrance et satisfaire l'attente de cet expert qui sait, il va, en toute bonne foi, fabriquer un faux souvenir de toutes pièces.
Les travaux d'Elizabeth Loftus ont formellement mis en évidence ce processus : la mémoire est reconstructive. Elle ne lit pas un fichier figé — elle fait un puzzle avec nos émotions du moment, nos croyances et les suggestions extérieures. Sur des milliers de régressions menées dans ma pratique, je n'ai jamais vu un « souvenir refoulé » resurgir spontanément. La mémoire ne fonctionne tout simplement pas comme un disque dur.

📺 LE RÔLE DES MÉDIAS : L'ÉMOTION-SPECTACLE AU DÉTRIMENT DE LA NUANCE
Ce phénomène est dramatiquement amplifié par les médias. En quête d'audience et de sensationnalisme, ils privilégient la mise en scène de témoins face caméra, sans jamais y apporter la moindre contradiction scientifique. On expose les larmes, la détresse, la sincérité absolue — ce qui crée, chez le téléspectateur, une puissante illusion de vérité. Or, la sincérité n'est pas une preuve historique : on peut être totalement de bonne foi et être pourtant la victime d'un faux souvenir.

Ce soir-là, l'animateur diffuse l'enregistrement d'une audition parlementaire datant du 2 avril 2026. Devant la commission d'enquête, le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste, déclare :
« Je ne vois pas quel intérêt un enfant aurait de mentir, quel intérêt a une victime de mentir. On s'interroge sur la possibilité qu'une victime a de mentir, on ne se pose pas la question de quelle est la possibilité qu'a l'auteur de mentir — et l'auteur, il ment tout le temps. Je ne connais pas de victime qui va dire en cabinet médical quelque chose qu'elle n'a pas vécue. On n'invente pas ces choses-là, on ne peut pas inventer d'avoir été violé. 98 % ne mentent pas. »

Un discours qui repose ainsi sur le seul argument d'un lourd pathos. Face à cela, seule une magistrate intervient pour rappeler sobrement qu'il existe des faux témoignages, notamment dans les contextes de divorces conflictuels. Elle sera la seule voix discordante de la soirée.
Le silence de la psychiatrie et la thèse de la "dissociation"
Pourtant, sur le plateau de "C ce soir", une autre invitée aurait pu, ou aurait dû, apporter un éclairage scientifique nuancé : la Pre Coraline Hingray, professeure en psychiatrie et chercheuse clinicienne au CHU de Nancy. Cette spécialiste reconnue mène un combat admirable à la « Maison de la Résilience » pour soigner les victimes de traumatismes sévères. Elle défend avec ferveur le concept de dissociation péritraumatique : ce mécanisme de survie extraordinaire qui permet à une victime, au moment de l'agression, de se détacher de son corps et de ses émotions pour supporter l'insupportable. Selon sa thèse, cette dissociation peut mener à une amnésie traumatique, voire à des scissions de la personnalité (le Trouble Dissociatif de l'Identité ou TDI) où différentes « parties de soi » grandissent séparément pour protéger l'individu.
Mais ce soir-là, cette grille de lecture clinique n'est pas venue tempérer ou interroger le discours de bon sens — mais scientifiquement intenable — du médecin généraliste. Au contraire, dans l'arène médiatique, la thèse de la dissociation, pourtant hautement controversée au sein de la communauté neuroscientifique lorsqu'elle est poussée jusqu'à la « mémoire retrouvée », est brandie comme un argument d'autorité absolu. Elle devient l'outil parfait pour justifier qu'une absence de souvenir pendant quarante ans valide l'existence du crime. Le plateau de télévision se prive ainsi du débat nécessaire : comment distinguer la dissociation traumatique réelle de la malléabilité et de la reconstruction d'un souvenir induit ?

Sans demander au Dr Lazimi de se plonger dans les neurosciences, on pourrait simplement lui suggérer de (re)voir Les Risques du métier (1967), où Jacques Brel incarne un instituteur accusé d'abus par ses élèves. À la fin, l'une des enfants avoue son mensonge, né de la peur d'être grondée par son père après avoir déchiré ses vêtements. Une autre confie candidement : « Moi, il ne m'arrivait jamais rien. » Ce que le cinéma avait compris dès 1967, une commission parlementaire de 2026 semble l'avoir oublié.

DE LA MISE EN SCENE AU GROTESQUE
Pour mesurer la dérive de cette logique médiatique, prenons un autre exemple. Sans vouloir défendre ou accabler quiconque, on imagine mal une charge accablante dans le récit suivant : il y a quinze ans, lors d'un déplacement professionnel, un certain Maurice Benguigui aurait dit à une collègue : « Toi et moi dans dix ans, cinq enfants — tu vois le tableau ? »
Certes, elle aurait pu raconter le lendemain à une amie : « Tu sais ce que m'a encore dit ce gros lourdaud de Maurice… » Mais imaginerait-on une telle anecdote passer à l'antenne ? Sans recul, sans contradicteur, élevée au rang de pièce à conviction criminelle ?
C'est pourtant exactement ce qui est arrivé. Sauf que le « gros lourdaud » en question s'appelle en réalité Patrick Bruel. Et là, l'anecdote change de statut : elle passe à l'antenne, sans rire.

Hormis cet exemple journalistique que je juge grotesque, je n’ai aucune légitimité à me prononcer sur la sincérité de toutes ces femmes qui portent plainte contre Patrick Bruel, ni sur la réalité objective des faits relatés. Mon questionnement porte avant tout sur cet acharnement médiatique. Il convient de nuancer ces récits en rappelant le fonctionnement complexe de notre mémoire : l'effet du temps écoulé, les divergences d’interprétation de comportements relus aujourd’hui à l'aune d'une époque sociologiquement différente, et ce phénomène de reconstruction collective inconsciente, largement alimenté par le miroir déformant des médias.

💥 UN FAUX SOUVENIR, MAIS UNE VRAIE SOUFFRANCE
C'est ici que se situe le drame humain. Même si l'événement suggéré n'a jamais eu lieu, le cerveau, lui, ne fait pas la différence une fois le souvenir implanté. Ces personnes vont réellement et profondément souffrir de ce faux souvenir.
L'anxiété, la détresse, la colère et le sentiment de trahison qu'elles ressentent sont totalement authentiques. Le traumatisme devient réel dans leur présent, alors qu'il est fondé sur une fiction construite en cabinet et légitimée par les écrans.

🛑 LE PIÈGE DU DÉBAT IDÉOLOGIQUE : LE PROCÈS EN ANTI-FÉMINISME
Aborder ce sujet de manière scientifique est devenu un exercice périlleux. Dès que l'on explique la fragilité et la malléabilité de la mémoire, on se retrouve taxé d'anti-féminisme. Le raccourci est aussi rapide que biaisé : expliquer le fonctionnement du cerveau est interprété comme une volonté de discréditer la parole des femmes ou de protéger les agresseurs.
Ce procès d'intention paralyse le débat. Il confond une position politique et morale — soutenir les victimes de violences, un combat évidemment nécessaire — avec une réalité neurobiologique objective : notre mémoire n'est pas fiable à 100 %.

🛡️ DÉFENDRE LA SCIENCE, C'EST PROTÉGER LES PATIENTS
C'est précisément parce que les violences et la souffrance psychologique sont des sujets graves que nous devons exiger une rigueur scientifique absolue.
Les dérives de la « mémoire retrouvée » — induites par des thérapies suggestives et une complaisance médiatique — peuvent faire de réelles victimes : des personnes fragiles à qui l'on implante des traumatismes fictifs, des familles injustement brisées, des vies détruites. Je pense notamment à cet homme d'une cinquantaine d'années que je reçois actuellement. Sa fille a rompu tout lien avec lui, persuadée qu'il aurait commis, entre ses six et onze ans, des actes dont il affirme ne rien comprendre. Avant lui, j'avais accompagné un homme de quatre-vingt-quatre ans confronté à une situation comparable : sa fille de quarante ans refusait tout contact avec lui et lui interdisait de voir ses petits-enfants. Dans les deux cas, les filles étaient en profonde souffrance et engagées dans un suivi psychothérapeutique. Je ne prétends évidemment pas connaître la réalité historique de ces situations. En revanche, je constate les ravages que peuvent produire certaines certitudes lorsqu'elles s'installent sans avoir été soumises à un véritable examen critique.
Défendre le fonctionnement réel de notre mémoire, ce n'est pas être anti-féministe. Ce n'est pas discréditer la parole des victimes. C'est tout le contraire : c'est protéger les patients contre le charlatanisme et les manipulations de l'esprit, d'où qu'elles viennent.

🔗 Pour aller plus loin sur les mécanismes de cette détresse et comprendre comment le cerveau s'auto-piège, je vous invite à lire mon article complet sur https://orgadia.com/memoire
🔬 Et vous — pensiez-vous que votre mémoire était une réécriture constante ou un enregistrement fidèle ? Discutons-en en commentaires

Hypnose de régression à Paris : démarche, limites scientifiques et témoignage. Séance pour Confiance en soi et mal-être.

𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘀𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱'𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘁𝗲́𝗲𝘀 : 𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝗻𝘁.Pauvre Martin appartient à celles-là.Cet...
06/07/2026

𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘀𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱'𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘁𝗲́𝗲𝘀 : 𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝗻𝘁.
Pauvre Martin appartient à celles-là.

Cette chanson me touche profondément. Certains pourraient y voir l’histoire simple d’un paysan accomplissant humblement son labeur. Elle me rappelle ces poèmes de François Villon dont l’ombre traverse l’œuvre de Georges Brassens — lui qui mit en musique la *Ballade des dames du temps jadis*. Ici aussi, il s’agit bien davantage qu’un portrait : une parabole de toute une humanité, celle de ces femmes et de ces hommes qui, par respect ou par dignité, « ne veulent pas déranger les gens ».

J’ai voulu, à travers cette chanson, rendre hommage à ceux que j’ai connus parmi mes proches. S’ils se résignaient « sans l’air jaloux ni l’air méchant », s’ils acceptaient la rudesse de leur destin sans révolte apparente, ce n’était pas par faiblesse, mais parce qu’ils n’avaient souvent pas d’autre choix. L’injustice devenait fatalité. Parfois même, elle se transmettait comme une valeur, confondue avec la dignité.

Brassens écrit ce texte à 25 ans, dans un camp de travail allemand à Basdorf. Je me suis souvent demandé — sans trouver de réponse certaine — ce qui, à cet âge et dans ce contexte, a pu nourrir une vision aussi profonde de la condition humaine. *Pauvre Martin* fait écho à d’autres figures de son œuvre : « Bonhomme », « Jeanne », ou encore « Le Petit Cheval » de Paul Fort.

De nombreux artistes l’ont habitée à leur tour — Barbara, Renaud, Hugues Aufray, Maxime Le Forestier, Les Têtes Raides, et tant d’autres — chacun y déposant sa nuance.
Pour ma part, je l’ai abordée comme on entre dans un champ à l’aube. En respectant sa mélodie, mais en laissant le tempo s’étirer, respirer. Que le chant épouse le rythme du labeur. Que le temps s’y fasse audible. Presque un battement régulier, obstiné, comme celui d’un métronome invisible qui mesure, sans jamais juger, la marche lente des jours.

Réinterprétation de chansons de Georges Brassens (et autres) et compositions Jean Touati Hypnothérapeute

𝗧é𝗺𝗼𝗶𝗴𝗻𝗮𝗴𝗲Hélène, jeune étudiante franco-norvégienne, avait développé une phobie de l'avion.Alors qu'elle avait beaucoup...
02/07/2026

𝗧é𝗺𝗼𝗶𝗴𝗻𝗮𝗴𝗲

Hélène, jeune étudiante franco-norvégienne, avait développé une phobie de l'avion.

Alors qu'elle avait beaucoup voyagé auparavant, elle ne pouvait plus prendre l'avion depuis un an. Elle était venue de Norvège... en voiture.

Son vol retour était prévu quinze jours plus t**d.

Nous avons organisé trois séances d'hypnothérapie en quatre jours (il m'arrive de regrouper plusieurs séances lorsqu'une personne réside à l'étranger).

Au fil des séances, j'ai découvert avec plaisir qu'Hélène aimait les chansons de Brassens, jouait de la guitare et chantait très joliment. La musique s'est naturellement invitée dans nos échanges.

Avant son retour, je lui ai envoyé un petit message en lui proposant de me raconter comment son vol « s'est bien passé ».

Quelques jours plus t**d, je recevais celui-ci...

✈️

« God morgen !!

Merci beaucoup pour votre pensée et aussi un grand merci pour les chansons, Brassens etc.

Petit résumé rapide de mon voyage qui s'est BIEN PASSÉ !!!!!! Youpiiieeeeee !

J'avoue que la veille j'ai eu un peu peur... J'avais surtout très peur d'avoir peur une fois dans les airs. Le check in, l'embarquement, tout ça ne m'a pas vraiment mise à l'aise car j'appréhendais le vol.

Une fois dans les airs... oufffff !! Je n'en reviens toujours pas.

Il y a eu de tout petits moments où je sentais que je "retombais", mais cela n'a duré que quelques secondes et j'arrivais à me détendre de suite ! Incroyable !

Comme si mes anciens réflexes d'angoisse étaient toujours un peu là, mais les pensées positives reprenaient tout de suite le dessus.

Plus le temps passait, mieux ça allait !

Du coup, j'ai passé un voyage très agréable, quel soulagement de ne pas être crispée sur mon fauteuil !

J'ai redécouvert une sensation de bien-être.

Quand il y avait des turbulences, elles ne m'ont fait ni chaud ni froid, et tout ça sans aucun effort ! Je suis stupéfaite !

Voilà, je suis sûre que les prochains vols seront de mieux en mieux ! Je suis vraiment sur le bon chemin !

DONC : je vous remercie infiniment ! Je me sens capable et j'ai ressenti une grande fierté d'avoir réussi à gérer le vol.

Merci aussi pour ces trois jours très sympathiques, simples, dans la musique et le sourire.

TUSSEN TAKK ! »

𝗘𝗻 é𝗰𝗵𝗼 à 𝗰𝗲 𝘁é𝗺𝗼𝗶𝗴𝗻𝗮𝗴𝗲...

> « Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages...
> Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont. »
> — *Les Oiseaux de passage*, Jean Richepin, mis en musique par Georges Brassens.

God morgen, Hélène ☀️

Quel bonheur de vous lire !

Votre message est à lui seul un billet d'embarquement vers la liberté.

Une liberté emplie de joie et de jolis longs « Youpiiieeee !!! » pleins d'exclamations.

Se sont-ils définitivement installés à la place qu'occupaient, bien campés, des souffles coupés de sanglots longs des violons...

Ah, oui, la si familière peur... d'avoir peur qui fait si peur.

Même plus peur alors très bientôt, Hélène ! J'en suis sûr.

Alors, comme ce n'est pas tous les jours que je reçois une jeune Franco-Norvégienne de 25 ans, amatrice de Brassens, qui, de surcroît, me gratifie d'une flatteuse demande, et sans vous faire attendre plus longtemps, voici, Hélène, en partage, la certes « jolie chanson », mais plus encore ce si bel hymne à la liberté, dans lequel je me suis autorisé à ajouter cinq magnifiques strophes oubliées, par mégarde, par mon cher ami Georges.

🎵 *Les Oiseaux de passage*
https://www.orgadia.com/chansons/chant.htm

Tussen takk, surtout à vous. 😊

— Jean Touati

Témoignage d'un patient recouvrant sa liberté et un "écho" en guise de réponse....--------------------------------------...
30/06/2026

Témoignage d'un patient recouvrant sa liberté et un "écho" en guise de réponse....
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David, 38 ans fumait 1,5 à 2 paquets de ci******es par jour depuis 20 ans.

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Message de David
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Que dire ?

Merci 100 000 fois (nombre de ci******es approximatives que j’ai consommées…) !!!

Aucune envie.

Aucune compensation.

Aucun stress.

David
Libre et heureux sans tabac !

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En écho à ce témoignage...
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Cher David,
100 000 ci******es ? Soyons précis, David — 1,5 à 2 paquets par jour pendant vingt ans, c'est plutôt 250 000. On vous lit ! 😊

Mais quelque chose m'échappe. Vous étiez venu avec l'objectif d'arrêter de fumer et vous repartez libre et heureux, comme Ulysse qui a fait un beau voyage et a vu cent paysages...
S'est-on trompé de projet ?

Aucune envie. Aucune compensation. Aucun stress. Trois fois rien pour faire de vous un homme libre et heureux ? Certains patients très enthousiastes parlent de magie, mais là, C'EST UN MIRACLE, SALOMON ! Ah, pardon, David !

Bon vent. 🕊️️🤸
Jean Touati

PS. Comme je l'explique aux patients, le cerveau est une machine à faire des digressions — la preuve : après « Heureux, qui comme Ulysse, a fait un beau voyage... » — musique de Georges Delerue, paroles d'Henri Colpi, inspirées du premier sonnet de Joachim du Bellay et interprétées avec tant de tendresse par mon cher compagnon de voyage, Georges Brassens — Rabbi Jacob m'est apparu.

11/06/2026

**L'Étranger de François Ozon : L'Absurde dissous dans le réalisme sensoriel**

Adapter *L'Étranger* d'Albert Camus au cinéma est un exercice presque paradoxal. Comment filmer « l'écriture blanche » ? Comment donner corps à Meursault, ce personnage qui subit le monde par ses sensations physiques tout en refusant de traduire son existence selon les codes moraux de la société ? Dans sa version, François Ozon livre une œuvre plastique d'une grande beauté, mais il se heurte à une limite structurelle : en choisissant le prisme du réalisme et de la sensualité, il transforme un vertige métaphysique en un drame historique et charnel.

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**1. Un Meursault alexithymique — mais rendu trop séduisant pour déranger**

L'une des grandes réussites de surface du film est sa restitution du comportement de Meursault (Benjamin Voisin). Ce que le spectateur lit comme une simple froideur de caractère, le regard clinique le reconnaît pour ce qu'il donne à voir : un tableau d'alexithymie. — terme forgé par le psychiatre Peter Sifneos en 1973 pour désigner l'incapacité, non pas à ressentir, mais à nommer ses états intérieurs, à les traduire en langage émotionnel. L'alexithymique n'est pas insensible : il est sourd à sa propre vie affective, et surinvestit en compensation le registre sensoriel et corporel. Ce que Camus décrit intuitivement — la chaleur, l'éclat du soleil, le désir brut pour Marie, le « cela ne voulait rien dire » opposé à toute question sur l'amour — correspond trait pour trait à ce que la clinique a formalisé trente ans plus t**d.

Mais ici commence le contresens philosophique d'Ozon. Car chez Camus, cette structure psychique n'est pas un cas clinique : c'est une posture épistémologique érigée en figure du monde. Meursault ne souffre pas de ne pas ressentir — il *refuse* de feindre ce qu'il ne ressent pas, fût-ce au prix de sa vie. C'est en cela qu'il est le véhicule de l'Absurde : la confrontation nue entre un homme qui dit la vérité de son expérience et une société qui exige le mensonge consolateur.

Or le cinéma d'Ozon — cinéaste du corps, du trouble et du désir — esthétise cette froideur au lieu de la laisser inquiéter. La beauté solaire des images et la complicité charnelle avec Marie (Rebecca Marder) réinjectent du romanesque là où il faudrait de la vacuité. Le film nous rend Meursault trop aimable, trop sensuel, trop *présent* à lui-même pour que son indifférence soit réellement vertigineuse. En transformant l'alexithymie en nonchalance photogénique, Ozon manque précisément ce que le terme pointe : l'étrangeté radicale d'un homme qui *ne peut pas*, et non qui *ne veut pas*, entrer dans le code émotionnel du monde.

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**2. Le procès : l'Absurde prisonnier du naturalisme**

Le pivot du film réside dans la scène du procès, ce moment théâtral où la société bascule dans le grotesque en jugeant Meursault non pas pour le meurtre de l'Arabe, mais pour « avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel » — le grief suprême étant d'avoir bu un café au lait et fumé une cigarette devant le cercueil.

Ozon capte l'ironie et l'absurdité de ces répliques, mais la mise en scène reste impuissante à en faire un choc philosophique. La raison est simple : le cinéaste s'est enfermé dans un cadre réaliste et naturaliste durant la première heure du film. Pousser l'absurdité du procès à son paroxysme métaphysique aurait exigé des distorsions visuelles majeures — des décors écrasants, une dramaturgie déformante. Les opérer au milieu d'un film si formellement classique aurait paru arbitraire. Ozon fait le choix de préserver la cohérence réaliste de son œuvre, mais ce choix se fait au détriment du souffle camusien : l'Absurde y est traité comme une simple bizarrerie judiciaire, un dysfonctionnement d'époque, et non comme une condition humaine universelle.

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**3. Visconti et Welles : deux leçons, le même diagnostic**

Il est éclairant de constater que le piège dans lequel tombe Ozon est exactement celui qu'a refermé sur lui-même Luchino Visconti en 1967, avec Mastroianni dans le rôle de Meursault. La critique fut impitoyable à la sortie, et pour la même raison : la v***e de Camus avait imposé au réalisateur une fidélité absolue au texte, alors qu'il avait en tête un dispositif bien différent — une structure à témoignages multiples, presque à la manière de *Rashōmon*. Contraint dans le réalisme, Visconti livra lui aussi une illustration du roman plutôt qu'une œuvre cinématographique autonome, et finit par rejeter lui-même le film. Deux cinéastes majeurs, séparés de soixante ans, piégés dans le même naturalisme.

Ce que l'un et l'autre n'ont pas osé faire, Orson Welles l'avait compris en 1962 avec son adaptation du *Procès* de Kafka. Welles a saisi une vérité fondamentale : on ne peut pas filmer l'existentialisme ou l'absurde avec une grammaire visuelle réaliste.

Le contraste entre Welles et Ozon est saisissant sur trois plans.

*Le pacte de lecture initial.* Welles ouvre son *Procès* par la parabole « Devant la Loi », mise en scène à travers une saynète d'animation surréalisante et hypnotique. Ce choix fort avertit immédiatement le spectateur qu'il entre dans un conte philosophique et allégorique, non dans un film policier. Ozon, lui, ouvre sur une reconstitution historique extrêmement soignée de l'Alger de 1938. Le pacte scellé est d'emblée celui d'un drame d'époque réaliste — ce qui va hypothéquer la suite de façon irrémédiable.

*La grammaire visuelle.* Chez Welles, l'absurde est sécrété directement par l'image : décors cyclopéens, plafonds écrasants, angles déformants pour transcrire visuellement la paranoïa bureaucratique. Chez Ozon, malgré la belle esthétique et le noir et blanc, la lumière reste chaleureuse et les cadres très sages. L'absurde n'est jamais généré par la mise en scène ; il est uniquement *dit* par le texte et les répliques des acteurs.

*La philosophie de l'adaptation.* Orson Welles choisit de trahir la lettre du texte de Kafka pour mieux en sauver l'esprit métaphysique par une réinvention visuelle totale. François Ozon respecte scrupuleusement la lettre et le déroulement du roman de Camus, mais il en dissout le vertige dans un confort visuel trop rigide pour bousculer le spectateur.

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**Conclusion : un fait divers tragique plutôt qu'un mythe existentiel**

En définitive, le film d'Ozon est une œuvre élégante, portée par des acteurs impeccables, mais qui illustre le texte sans jamais le transcender. En refusant de rompre avec le naturalisme — et en cela il répète exactement l'erreur de Visconti —, Ozon condamne l'Absurde à n'être que thématique, là où Welles prouvait qu'il devait être structurel.

En voulant rendre Meursault plus humain, plus proche de son contexte historique et de ses pulsions physiques, le film rate la marche de la métaphysique. Il nous reste un très beau film sur l'incompréhension sociale et le destin tragique d'un homme indifférent — mais le grand film sur le vertige de l'Absurde camusien, lui, reste encore à faire.

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