01/11/2018
LACHER PRISE
Lorsque vous réalisez que vous ne pouvez changer ni les événements ni les autres et que vous pouvez seulement changer votre façon de les percevoir, vous êtes dans le lâcher prise. Vous vous donnez alors une chance de vivre moins de stress.
De la même façon, lorsque vous modifiez votre action pour arriver à un résultat, vous faites preuve de flexibilité et de votre habileté à décrocher d’une conduite stérile. Faire une distinction entre ce que nous pouvons contrôler, ce que nous pouvons influencer et ce que nous ne pouvons ni contrôler, ni influencer est sans doute une première étape dans le lâcher prise.
Plus vous cherchez à contrôler (vos collègues, votre conjoint, vos enfants, une manière de faire les choses, l’opinion des autres ou même votre apparence), plus cela est signe d’insécurité et moins vous lâchez prise.
Lâcher prise est donc un acte de confiance. Cela nécessite l’acceptation de vos limites, la reconnaissance des autres dans leurs différences et la capacité de faire avec ce qui se présente dans le moment présent (voir encadré). La tentation est grande toutefois de refuser ce qui n’est pas conforme à vos désirs, de résister à ce qui se présente. Votre besoin de contrôle fait que vous vous acharnez sur ce qui aurait pu être ou ce qui devrait être et que vous oubliez ce qui est présent.
Idée clé #1
Faites une distinction entre ce que vous pouvez contrôler, ce que vous pouvez influencer et ce que vous ne pouvez ni contrôler, ni influencer. Lorsque vous réalisez que vous ne pouvez contrôler ni les événements ni les autres et que vous pouvez seulement influencer votre façon de les percevoir, vous êtes dans le lâcher prise. Vous vous donnez alors une chance de vivre moins de stress.
Comment développer votre capacité à lâcher prise?
De plusieurs façons! Mais la première et la plus importante n’en demeure pas moins la prise de conscience. Devenir conscient de vos émotions face à ce qui arrive et pouvoir les exprimer sont une importante étape.
Devenir également conscient de l’absurdité de vouloir contrôler sur ce que vous ne pouvez pas changer ou influencer. Devenir conscient de toute la perte d’énergie et de bien-être que représentent le perfectionnisme et l’acharnement.
Est-ce à dire que lâcher prise implique de renoncer à vos buts, à vos objectifs ? Pas nécessairement. Lâcher prise, dans l’immédiat, peut être parfaitement compatible avec l’action, mais impliquera parfois une action différente ou différée.
Penser de façon obsessionnelle à un problème est la plupart du temps complètement inefficace et ne le règle surtout pas. On appelle cela de la résistance. Au contraire, vous en détacher provisoirement peut permettre à votre cerveau de faire émerger certaines solutions et surtout de laisser la place à l’originalité et la créativité.
Idée clé #2
Trouvez le deuil que vous devez faire. La résistance face à un changement est à la mesure du deuil que vous devez faire.
Demandez-vous: Qu’est-ce que je trouve le plus difficile de laisser aller dans ce changement? À quoi dois-je surtout renoncer? Les réponses pourront vous surprendre et vous aider à comprendre pourquoi vous résistez autant. La résistance est normale. Ce qui ne l’est pas, c’est de résister tout le temps, d’en faire une position de vie.
Les deuils à faire pour lâcher prise
Votre défi pour avancer, c'est donc d'accepter que ce que vous avez connu dans le passé ne sera plus là, ne reviendra plus. La première question à vous poser, donc, pour comprendre pourquoi avez autant de difficulté à lâcher prise dans certaines situations, c'est: de quoi dois-je faire le deuil?
Peut-être devez-vous faire le deuil de votre confort, d'habitudes, de comportements, de votre sécurité, d'une image de vous-même, de votre identité professionnelle, de la reconnaissance des autres, de rapports sociaux, de l'organisation de votre temps, de l'avenir que vous imaginiez, etc.
Lâcher prise implique parfois aussi de faire le deuil d’une croyance ou d'une règle, tous ces Il faut et Je dois que vous avez appris, qui sont conditionnés et inefficaces quant au résultat. Par exemple:
• Il faut que tout soit parfait.
• Tout doit toujours fonctionner comme je le veux.
• Je dois tout faire moi-même.
D’autre fois, c’est du résultat qu’il conviendra de faire le deuil puisqu’il n’est pas entièrement sous notre contrôle, comme par exemple les résultats scolaires de notre enfant ou l’ordre dans sa chambre.
Plusieurs auraient intérêt à faire le deuil de leur passé, de leurs épreuves, de leurs problèmes, puisqu’ils ne peuvent changer le passé et que le ressasser inlassablement les empêche de profiter du moment présent. Traîner avec eux des deuils, pendant des années, et refuser de tourner la page ne réussit qu’à miner leur propre moral et celui des autres.
Les deuils à faire sont donc multiples, que l’on songe à toutes les idées irréalistes que vous entretenez sur vous-même (vouloir être apprécié de tous, par exemple, ou vouloir que tout le monde autour de vous soit bien).
Ou encore, les attentes que vous avez pour les autres (souhaiter que votre conjoint ou votre collègue de travail ait un caractère différent) ou sur le travail, etc.
Il y a bien évidemment des deuils plus difficiles à faire que d'autres, comme celui d'une valeur importante à nos yeux. Par exemple, l'infirmière qui devrait faire le deuil du temps qu’elle passe avec un client en raison d’une réorganisation d’un plan de soin, et qui a comme valeur importante la relation qu’elle établit avec le client, trouvera très difficile de faire le deuil de cette partie de son travail. Pour elle, ce serait presque se renier elle-même, renier sa mission.
Nous pouvons comprendre alors l’énorme résistance qu’elle développera, résistance qui pourra aller jusqu’à se chercher un milieu de travail plus satisfaisant qui respecte sa valeur. À moins qu'elle ne change le processus de vérification de cette même valeur, c'est-à-dire la façon qu'elle a de savoir que cette valeur est respectée.
Idée clé #3
Voici un truc qui demande un peu de pratique: vivre le moment présent. C'est un bon déclencheur du lâcher-prise. Cela nous fait automatiquement couper court aux pensées parasites, qu’elles concernent le passé, l’avenir, les problèmes, les faux buts et les mauvais moyens.
Trouvez un moyen qui vous permette d’être dans le moment présent. Pourquoi ne pas vous mettre à la photo pour vous forcer à regarder, à la marche, à l'observation des oiseaux ou des papillons, à la poterie ou au jardinage. Et quand vous voulez vraiment donner congé à vos pensées, rien de tel que la méditation.
Conclusion
Lâcher prise implique donc parfois de nous changer nous-mêmes ou de nous accepter avec nos limites, nos valeurs, ce qui nous permet d’accepter les autres bien plus aisément. Le cerveau humain est très complexe et capable de grandes choses, à condition que nous développions sa grande flexibilité.
Être flexible, c’est accepter de lâcher prise si les moyens que nous utilisons ne fonctionnent pas; c’est aussi essayer autre chose, une autre stratégie. C’est aussi nous mettre en recherche active de d’autres moyens pour arriver à nos fins. C'est accepter de laisser aller un certain contrôle.