CARRE-PSY Tronc-Faure Sylvie

CARRE-PSY Tronc-Faure Sylvie Psychanalyste, sexologue clinicienne et hypnothérapeute, je vous reçois dans mon cabinet, à Beaucaire

24/07/2026

Le sol nourricier de l’âme, c’est la vie naturelle. Celui qui n’en tient pas compte reste en suspens et se fige. C’est pourquoi tant d’hommes d’âge mûr deviennent rigides ; ils regardent en arrière et s’accrochent au passé avec, dans le cœur, une secrète angoisse de mourir. Ils se dérobent au processus de la vie, du moins psychologiquement, semblables à des statues de sel du souvenir, se rappelant vivement le temps de leur jeunesse, sans pouvoir établir quelque relation vivante avec le présent. A partir du milieu de l’existence, celui-là seul reste vivant qui veut mourir avec la vie. Car c’est à l’heure mystérieuse du midi de la vie que la parabole se retourne et que se produit la naissance de la mort. Dans sa deuxième moitié, la vie n’est pas montée, déploiement, multiplication, débordement ; elle est mort, car son but, c’est la fin. Ne pas vouloir l’apogée de la vie et ne pas vouloir sa fin, c’est la même chose. L’un et l’autre signifie ne pas vouloir vivre. Le devenir et le disparaître forment une même courbe.

Cette vérité absolument indubitable, la conscience fait tout ce qu’elle peut pour ne pas l’accepter. On est en général prisonnier de son passé et l’on demeure dans l’illusion de la jeunesse. Être vieux est absolument impopulaire. Il semble qu’on ne veuille tenir aucun compte de ce que ne pas pouvoir vieillir est aussi insensé que de ne pas pouvoir sortir de l’enfance. Un jeune qui ne lutte pas ni ne remporte de victoires a manqué le meilleur de sa jeunesse et le vieillard qui ne sait pas prêter l’oreille au secret des torrents qui bruissent en roulant du sommet des montagnes jusqu’aux vallées, est en dehors de sa propre vie, se répétant machinalement, jusqu’au radotage.

La trajectoire du projectile se termine au but ; de même la vie se termine à la mort, qui est le but où elle tend. Sa montée et même son apogée ne sont que des degrés, des moyens en vue de ce but qu’il faut atteindre : la mort. Cette formule paradoxale découle tout logiquement du fait que la vie tend vers une fin et un but déterminé. Je ne crois pas qu’il y ait là un simple jeu syllogistique. Nous attribuons un but et un sens à la montée de la vie, pourquoi pas à la descente ? La naissance de l’homme et grosse de signification ; pourquoi sa mort ne le serait-elle pas ? Durant vingt années et plus, on prépare le jeune être humain au déploiement complet de son existence individuelle : pourquoi ne se préparerait-il pas, pendant vingt ans et plus, à sa fin ? Avec l’apogée, il est vrai, on a visiblement atteint quelque chose, quelque chose que l’on est et que l’on possède. Mais qu’atteignons-nous avec la mort ?

Il m’est désagréable, au moment où l’on est en droit d’espérer une réponse, de sortir brusquement de ma poche une croyance et d’inviter mon lecteur à faire précisément ce qu’il ne put jamais ; adopter une croyance. Je dois avouer que, moi-même, je ne l’ai jamais pu. Aussi ne vais-je point affirmer qu’il faut voir en la mort une deuxième naissance qui mène à une existence au-delà de la tombe. Du moins me serait-il permis de signaler que le consensus gentium a, de la mort, des conceptions très nettes, exprimées sans ambiguïté dans toutes les grandes religions de la terre. On peut même affirmer que la plupart de ces religions sont des systèmes compliqués de préparation à la mort, au point que la vie ne serait réellement, au sens de la formule paradoxale de toute à l’heure, qu’une préparation au but dernier : la mort. Selon les deux plus grandes religions actuelles, le christianisme et le bouddhisme, le sens de la vie se parfait dans sa fin.

C.G. Jung – L’âme et la mort .

"La solitude est pour moi une source de guérison qui rend ma vie digne d'être vécue. Parler est souvent un tourment pour...
08/07/2026

"La solitude est pour moi une source de guérison qui rend ma vie digne d'être vécue. Parler est souvent un tourment pour moi, et j'ai besoin de plusieurs jours de silence pour me remettre de la futilité des mots. J'ai mes ordres de marche et je regarde en arrière seulement quand il n'y a rien d'autre à faire. Le voyage est une grande aventure en soi, mais on ne peut en parler longuement. "

" Lettre de Jung à Gustav Schmaltz, le 30 mai 1957, "

J'aime bien l'approche systémique de la thérapie familiale où  l'on considère la famille comme un objet complexe composé...
29/06/2026

J'aime bien l'approche systémique de la thérapie familiale où l'on considère la famille comme un objet complexe composé d'éléments qui sont liés entre eux par des relations, des intéractions diverses ou au contraire par des non relations.
Un système donc, formé de plusieurs sous ensembles dont si l'un des membres bouge, les autres s'agitent également .
L'approche métaphorique notamment permettra d'orienter ce type de thérapie familiale vers la décentration, la distanciation afin de s'éloigner de la subjectivité et de passer de la coalition , la confrontation ou l'enchevêtrement des partis à la prise de conscience de la souffrance de l'autre , à la communication plus objective et bienveillante, à l'accord des émotions et à la recherche de solutions permettant l'évolution individuelle en tenant compte de la tendance homéostasique de la famille. Pour cela la mise en évidence de cette volonté à garder un équilibre antérieur même s'il n'est plus suffisamment " bon" en évoquant ses paradoxes , sera nécessaire.
Bonne semaine à vous

L’histrionisme : quand le besoin d’être vu devient une façon de vivreParmi les troubles de la personnalité, l’histrionis...
19/06/2026

L’histrionisme : quand le besoin d’être vu devient une façon de vivre

Parmi les troubles de la personnalité, l’histrionisme est souvent mal compris. Beaucoup de personnes imaginent simplement quelqu’un de « théâtral » ou d’« exubérant ». En réalité, derrière cette apparence se cache souvent une profonde fragilité psychologique et un besoin incessant d’être reconnu, admiré ou désiré.

Le trouble de la personnalité histrionique est plus souvent diagnostiqué chez les femmes que chez les hommes, même si les deux sexes peuvent être concernés. La caractéristique centrale est une recherche excessive d’attention. L’histrionique a besoin du regard des autres comme d’un carburant émotionnel. Lorsque l’attention disparaît, il ou elle peut ressentir un vide intérieur important.

La séduction comme stratégie de survie

Contrairement à certaines personnalités narcissiques qui recherchent avant tout le pouvoir, le prestige ou la supériorité, la personne histrionique cherche surtout à être remarquée, aimée et désirée.

La séduction devient alors une stratégie relationnelle. Cela ne passe pas nécessairement par la sexualité : il peut s’agir de charme, d’humour, de mise en scène de soi, de victimisation ou encore d’une manière spectaculaire de raconter les événements.

L’objectif n’est pas toujours conscient. La personne a souvent appris très tôt que pour exister, elle devait attirer l’attention.

Une estime de soi fragile derrière le spectacle

L’image que l’histrionique donne de lui-même est souvent très différente de ce qu’il ressent intérieurement.

À l’extérieur :

* Séduisant.
* Sociable.
* Charismatique.
* Énergique.
* Confiant.

À l’intérieur :

* Peur du rejet.
* Sentiment de ne pas être assez bien.
* Difficulté à se sentir aimé pour ce qu’il est réellement.
* Besoin constant de validation.

Toute critique peut être vécue comme une blessure narcissique majeure.

Entre enthousiasme et déception

Les émotions de la personne histrionique sont souvent intenses mais instables.

Elle peut :

* Tomber rapidement sous le charme de quelqu’un.
* Idéaliser une relation.
* S’emballer pour un projet.
* Se montrer extrêmement enthousiaste.

Puis, tout aussi rapidement :

* Se sentir déçue.
* Se désintéresser.
* Se sentir abandonnée.
* Chercher une nouvelle source de stimulation.

Cette humeur changeante donne parfois l’impression que la personne vit dans un film dont elle est le personnage principal.

Le mensonge pour séduire

L’histrionique ne ment généralement pas pour manipuler froidement ou pour se protéger comme peut parfois le faire une personnalité borderline.

Son mensonge est souvent destiné à embellir la réalité.

Elle peut :

* Exagérer ses succès.
* Dramatiser ses souffrances.
* Amplifier certaines anecdotes.
* Inventer des détails flatteurs.
* Adapter son récit selon son auditoire.

Avec le temps, certaines personnes développent même des comportements proches de la mythomanie.

Le but n’est pas nécessairement de tromper, mais d’obtenir admiration, compassion ou fascination.

Le besoin d’être au centre

L’une des souffrances les plus importantes de l’histrionique est de ne pas être remarqué.

Lorsque l’attention se porte sur quelqu’un d’autre, il peut ressentir :

* De la jalousie.
* De l’anxiété.
* Un sentiment d’invisibilité.
* Une impression d’être abandonné.

Certaines personnes vont alors redoubler d’efforts :

* Faire des confidences spectaculaires.
* Créer des conflits.
* Tomber « soudainement » malades.
* Faire du chantage affectif.
* Jouer la victime.
* Se mettre en scène.

Tout devient parfois un moyen de récupérer l’attention perdue.

Des relations souvent compliquées

L’histrionique recherche intensément l’amour mais éprouve souvent des difficultés à construire une relation stable.

Ses partenaires peuvent avoir l’impression que :

* Tout est excessif.
* Chaque problème devient dramatique.
* Les émotions prennent toute la place.
* Les besoins affectifs sont immenses.

Paradoxalement, plus la personne craint l’abandon, plus ses comportements risquent de fatiguer ceux qu’elle cherche à retenir.

Sexualité et séduction

La sexualité peut parfois devenir un outil de validation personnelle.

La personne histrionique peut confondre :

* Être désirée.
* Être aimée.
* Être importante.

La séduction devient alors une façon de se rassurer sur sa valeur personnelle.

Mais cette stratégie procure rarement une satisfaction durable puisque le besoin de validation revient constamment.

Les croyances profondes de l’histrionique

Derrière les comportements visibles se cachent souvent des croyances inconscientes :

* « Je dois faire bonne impression. »
* « Pour être heureuse, j’ai besoin que les autres me remarquent. »
* « Si je ne suis pas intéressante, personne ne m’aimera. »
* « Je dois être au centre de l’attention. »
* « Si j’amuse les autres, ils ne verront pas mes faiblesses. »
* « Seule, je suis incapable de me débrouiller. »
* « Je sais charmer pour obtenir de l’aide et de l’amour. »
* « Ma valeur dépend du regard des autres. »

Ces croyances alimentent le cercle vicieux du trouble.

Histrionique, borderline et narcissique : des ressemblances trompeuses

Ces trois personnalités peuvent sembler similaires, mais leurs motivations sont différentes.

Le borderline a surtout peur de l’abandon.

Le narcissique cherche avant tout la valorisation de son ego et un sentiment de supériorité.

L’histrionique cherche essentiellement l’attention, l’approbation et la preuve qu’il existe dans le regard des autres.

Leurs comportements peuvent parfois se ressembler, mais leurs blessures profondes ne sont pas les mêmes.

En conclusion

L’histrionisme n’est pas simplement un goût pour le spectacle ou la séduction. C’est souvent l’expression d’une estime de soi fragile qui dépend excessivement du regard extérieur.

Derrière les effets de scène, les récits embellis, les émotions débordantes et le besoin d’être au centre, se cache fréquemment une peur silencieuse : celle de ne pas être suffisamment important pour être aimé.

C’est précisément cette peur qui pousse la personne histrionique à chercher sans cesse, chez les autres, la confirmation qu’elle existe.

Partage fbk. Personnalités histrioniques .

Le Moi Peau,Le "Moi Peau" est un concept défini par Didier Anzieu qui correspond à une expérience de limite corporelle e...
18/04/2026

Le Moi Peau,
Le "Moi Peau" est un concept défini par Didier Anzieu qui correspond à une expérience de limite corporelle et tactile du corps, perçu comme un "espace fermé par une limite assimilable à une peau psychique différenciant deux espaces topologiquement séparés avec à l'intérieur l'espace psychique dans lequel vivent en ordre ou en désordre des contenus psychiques, des représentations : affects cognitions, pensées. Au dehors, nous trouvons le monde, physique, naturel, mais aussi d'autres individus que le sujet, ainsi que la réalité culturelle. Si l'on s'en tient à l'analogie de la peau pour décrire la limite, l'enveloppe psychique peut-être assimilée à une membrane souple qui dans une première fonction différencie les domaines du dedans et du dehors tout en permettant des échanges entre ces espaces. (...). Elle permet de fonctionner dans un certain ordre rassurant dans lequel la réalité psychique de l'individu est située dedans et celle de l'autre dehors, fonctionnant avec une logique comparable, mais aussi de reconnaître et de différencier le monde naturel du monde humain. Ce modèle est celui avec lequel nous fonctionnons la plupart du temps. Il peut nous représenter un conflit, en offrant la possibilité de maintenir les tensions à l'extérieur du moi, tout en investissant la relation à l'autre et le monde naturel".

Didier Anzieu, Les enveloppes psychiques, Dunod, 2000, p.6

« Je vais commencer par la fin, en vous donnant tout de suite ma visée, parce que je ne vois pas pourquoi je n’abattrais...
06/04/2026

« Je vais commencer par la fin, en vous donnant tout de suite ma visée, parce que je ne vois pas pourquoi je n’abattrais pas mes cartes. Ce n’est pas ainsi que je comptais tout à fait vous en parler, mais au moins, ce sera clair. Je ne suis pas du tout en train de dire que l’OEdipe ne sert à rien, ni que cela n’a aucun rapport avec ce que nous faisons. Cela ne sert à rien aux psychanalystes, ça c’est vrai, mais comme les psychanalystes ne sont pas sûrement des psychanalystes, cela ne prouve rien. De plus en plus, les psychanalystes s’engagent dans quelque chose qui est, en effet, excessivement important, à savoir le rôle de la mère. Ces choses, mon Dieu, j’ai déjà commencé de les aborder. Le rôle de la mère, c’est le désir de la mère. C’est capital. Le désir de la mère n’est pas quelque chose qu’on peut supporter comme ça, que cela vous soit indifférent. Ça entraîne toujours des dégâts. Un grand crocodile dans la bouche duquel vous êtes — c’est ça, la mère. On ne sait pas ce qui peut lui prendre tout d’un coup, de refermer son clapet. C’est ça, le désir de la mère. Alors, j’ai essayé d’expliquer qu’il y avait quelque chose qui était rassurant. Je vous dis des choses simples, j’improvise, je dois le dire. Il y a un rouleau, en pierre bien sûr, qui est là en puissance au niveau du clapet, et ça retient, ça coince. C’est ce qu’on appelle le phallus. C’est le rouleau! qui vous met à l’abri, si, tout d’un coup, ça se referme. »

(Le Séminaire Livre XVII, Lacan L’envers de la psychanalyse, 1960-1970, Seuil, p. 129)

"Encore un jour encore une nuit",Beaucoup de  personnes regardent vers quoi elles  ne veulent pas aller , et continuent ...
31/03/2026

"Encore un jour encore une nuit",
Beaucoup de personnes regardent vers quoi elles ne veulent pas aller , et continuent à obtenir toujours plus de ce , ou de qui , elles ne veulent pas...
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