L'Apprenti de St-Joseph

Itinéraire

L'Apprenti de St-Joseph St-Joseph était charpentier et avec tout son cœur il façonnait le bois. alors un peu sur ces traces, comme l'apprenti, je façonne à ma façon moi aussi le Bois.

Récupérer de petits meubles fatigués et de leurs donner une 2ème vie et porter un message

10/20/2026
10/20/2026

🇵🇱 LE JOUR OÙ LA POLOGNE A DIT : « RÈGNE SUR NOUS, CHRIST »

L’histoire circule régulièrement sur les réseaux sociaux, souvent résumée ainsi : « En 2016, la Pologne a proclamé Jésus-Christ roi du pays. »

La réalité est un peu plus subtile. Et, à mes yeux, beaucoup plus intéressante.

Le 19 novembre 2016, au sanctuaire de la Divine Miséricorde de Cracovie-Łagiewniki, l’Église de Pologne célébrait un événement assez extraordinaire : l’Acte jubilaire d’acceptation de Jésus-Christ comme Roi et Seigneur.

Des milliers de fidèles étaient présents, avec les évêques polonais et le président de la République, Andrzej Duda. Le lendemain, pour la fête du Christ Roi, cette profession de foi était reprise dans les paroisses du pays.

Ce n’était pas une loi. La Constitution polonaise n’a pas été modifiée et Jésus n’est évidemment pas devenu un « chef d’État » au sens politique du terme.

Le geste n’en était pas moins fort. Les participants reconnaissaient le règne du Christ, lui confiaient leur peuple et leur patrie, dans une année qui marquait à la fois les 1050 ans du baptême de la Pologne et la fin du Jubilé de la Miséricorde.

Mais derrière cet événement historique, il y a une question qui m’intéresse finalement beaucoup plus que le débat politique qu’il pourrait susciter :

Qu’est-ce que cela signifie réellement de dire que le Christ est notre Roi ?

Parce qu’il est assez facile de mettre une couronne sur une statue. Il est beaucoup plus difficile de Lui abandonner quelque chose de notre propre vie.

Dans l’Évangile, la royauté du Christ est étrange. Son trône finit par ressembler à une croix. Il ne règne pas en écrasant ses ennemis, mais en pardonnant à ceux qui le crucifient. Il se met à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds. Lorsqu’Il parle de grandeur, Il nous apprend à servir.

Alors peut-être que proclamer le Christ Roi commence beaucoup plus près de nous qu’on ne l’imagine.

Dans notre façon de parler à quelqu’un qui nous agace. Dans notre capacité à pardonner. Dans l’argent que nous possédons, dans le temps que nous donnons, dans la manière dont nous traitons le plus fragile. Dans toutes ces décisions très ordinaires où personne ne saura jamais que nous avons choisi l’Évangile plutôt que notre intérêt.

On peut proclamer très fort : « Règne sur nous, Christ ! »

Mais une fois les chants terminés et les cérémonies achevées, il reste une question beaucoup plus intime :

Est-ce que je Le laisse régner sur moi ?

— Geoffrey Wion-Florens, auteur
Ce que dit le désert ✨

10/17/2026

« LÀ OÙ LE PÉCHÉ S’EST MULTIPLIÉ, LA GRÂCE A SURABONDÉ. »
Romains 5,20

Il y a des passages de la Bible que l’on connaît depuis longtemps et que l’on finit presque par ne plus entendre. Et puis, un jour, un mot accroche.

Dans cette phrase de saint Paul, pour moi, c’est celui-là : surabondé.

Paul aurait pu écrire que lorsque le péché s’est multiplié, Dieu a continué à pardonner. Ce serait déjà beaucoup. Mais ce n’est pas ce qu’il écrit. Il dit que la grâce a surabondé. Il y a dans ce mot quelque chose de démesuré, qui dépasse complètement notre manière habituelle de compter.

Et c’est peut-être là que se trouve une difficulté très profonde de notre relation avec Dieu : nous essayons de comprendre son amour à partir du nôtre.

Nous connaissons des amours immenses. Celui que l’on porte à son enfant, à ses parents, à celui ou celle avec qui l’on partage sa vie, à un ami. Nous savons ce que signifie pardonner à quelqu’un que nous aimons. Mais même dans nos plus belles relations, nous restons des êtres humains. Nous pouvons être blessés, déçus, épuisés. Il arrive qu’une confiance soit tellement abîmée que nous ne sachions plus comment la reconstruire. Il arrive aussi que nous pardonnions tout en gardant la mémoire de ce qui s’est passé.

Alors forcément, lorsque nous essayons d’imaginer l’amour de Dieu, nous partons de là. Nous l’imaginons plus patient que nous, plus miséricordieux, infiniment meilleur sans doute, mais nous continuons malgré tout à lui prêter quelque chose de notre fonctionnement.

Et c’est ainsi qu’après certaines fautes revient une question que beaucoup connaissent : jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand Dieu va-t-il me pardonner la même chose ? Combien de fois puis-je revenir avec cette faiblesse dont je Lui ai déjà parlé ? Que reste-t-il de toutes les résolutions prises et abandonnées ? Et que faire de certaines pages de notre histoire dont nous avons parfois honte des années plus t**d ?

Nous savons répondre avec le catéchisme. Dieu pardonne. Mais entre savoir que Dieu pardonne et accepter vraiment d’être aimé par Lui, il peut y avoir une distance immense.

C’est pour cela que la phrase de Paul me bouleverse.

Elle dit quelque chose de Dieu que nous n’aurions probablement jamais osé inventer nous-mêmes. Là où l’homme ajoute du péché, Dieu ne retire pas de la grâce. Là où nous aurions spontanément imaginé une limite, Paul parle au contraire d’une grâce qui déborde.

Cela ne rend évidemment pas le péché anodin. Quelques lignes plus loin, Paul prend soin de le préciser lui-même. Le mal reste le mal. Il peut détruire une relation, blesser quelqu’un durablement, nous éloigner de Dieu et parfois laisser des conséquences que le pardon n’efface pas. La miséricorde chrétienne n’a jamais consisté à prétendre que rien n’était grave.

Mais elle affirme que rien de tout cela n’est plus grand que Dieu.

Et lorsqu’on cherche à comprendre jusqu’où cette affirmation peut aller, il faut probablement regarder la Croix.

Il est difficile d’imaginer un rejet plus complet. Le Christ est abandonné, humilié, torturé et finalement mis à mort. Et au milieu de cela, l’Évangile nous donne cette parole : « Père, pardonne-leur. »

Je crois que nous mesurons mal ce qu’elle signifie.

Nous aurions probablement compris que Jésus pardonne après le repentir de ses bourreaux. Or il demande le pardon alors qu’ils sont encore en train de faire ce qu’ils font.

C’est là que notre manière de mesurer l’amour commence à ne plus fonctionner.

Et peut-être faut-il accepter qu’elle ne fonctionne pas.

Nous ne savons tout simplement pas aimer comme Dieu aime.

Même l’amour humain le plus extraordinaire que nous ayons connu ne peut nous en donner qu’un aperçu. Lorsque nous disons « Dieu m’aime », nous employons deux petits mots dont nous ne soupçonnons probablement pas toute la portée.

Cela me fait penser au fils prodigue. Il revient chez son père après avoir gaspillé ce qu’il avait reçu. Pendant le chemin du retour, il prépare très raisonnablement ce qu’il va dire. Il reconnaîtra sa faute et demandera à ne plus être traité comme un fils. Il se contentera d’être un ouvrier.

Tout cela est logique.

Sauf que son père l’aperçoit de loin, court vers lui et le prend dans ses bras.

Le fils avait prévu ce qu’il méritait. Le père avait simplement attendu son retour.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas exactement la même chose avec Dieu. Nous revenons vers Lui en ayant déjà décidé de la manière dont Il devrait nous recevoir. Nous nous jugeons, nous établissons nous-mêmes la distance qui devrait désormais exister entre Lui et nous, et il nous arrive même de continuer à nous punir intérieurement pour quelque chose dont nous avons pourtant demandé pardon depuis longtemps.

Comme si nous étions prêts à croire à la miséricorde de Dieu, mais jusqu’à un certain point seulement.

Or Paul vient précisément déplacer ce point.

« Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. »

Cette phrase ne m’autorise pas à prendre le péché à la légère. Elle m’interdit en revanche de penser que mon péché pourrait avoir le dernier mot sur ce que Dieu peut encore faire de moi.

Et cela change beaucoup de choses.

Cela change la manière de revenir vers Lui après être tombé. Cela change le regard que l’on porte sur certaines périodes de sa propre vie. Cela devrait aussi changer notre regard sur ceux que nous avons parfois définitivement enfermés dans ce qu’ils ont fait.

Surtout, cela oblige à envisager quelque chose que nous avons peut-être encore plus de mal à accepter que notre péché lui-même :

être aimé par Dieu dépasse ce que nous sommes capables d’imaginer.

Nous passerons probablement notre vie à essayer de comprendre cet amour avec des catégories trop petites pour lui.

Alors, lorsque nous pensons être arrivés au bout de la patience de Dieu, lorsque nous revenons pour la énième fois avec les mêmes pauvres mots, ou lorsque notre passé nous souffle que certaines choses ne peuvent plus être réparées, il reste cette phrase de Paul.

Je ne sais pas s’il existe beaucoup de paroles qui disent aussi clairement ce qu’est l’espérance chrétienne.

Là où nous pensions avoir atteint la limite, Dieu n’était pas arrivé au bout de son amour.

La grâce avait encore de quoi déborder.

Amen 🙏🏻 !

— Geoffrey Wion-Florens, auteur
Ce que dit le désert ✨

10/04/2026
10/04/2026

✨ AU RYTHME DE L’ANNÉE CHRÉTIENNE ✨
4 octobre — Saint François d’Assise

Hier soir, nous avons laissé François à la Portioncule, au moment du Transitus. Ce matin, l’Église le fête.

Et cette année, ce 4 octobre n’est pas tout à fait comme les autres : François est mort il y a exactement 800 ans, en 1226.

Huit siècles… et pourtant cet homme continue d’intriguer bien au-delà des églises. On aime François pour les oiseaux, pour la nature, pour sa pauvreté, pour sa paix. Tout cela est vrai. Mais à force d’en faire un personnage sympathique entouré d’animaux, on risque presque d’oublier ce qui explique tout le reste.

François était amoureux du Christ.

C’est cela qui bouleverse sa vie.

Il était le fils d’un riche marchand d’Assise, rêvait de chevalerie et d’une vie brillante. Puis quelque chose se fissure. Il rencontre les lépreux qu’il fuyait jusque-là. Il prie devant le crucifix de Saint-Damien. Il entend cet appel : « François, va et répare mon Église. » Il commence par réparer des pierres avant de comprendre peu à peu que l’appel allait beaucoup plus loin.

Alors il se dépouille.

Pas pour faire de la pauvreté une performance, ni parce que posséder serait mauvais en soi. François veut simplement devenir assez libre pour que plus rien ne s’interpose entre le Christ et lui.

Et il va très loin dans cette logique. Jusqu’à vouloir vivre l’Évangile « sans glose », jusqu’à reconnaître un frère dans le pauvre et le lépreux, jusqu’à traverser les lignes de la cinquième croisade pour rencontrer le sultan al-Malik al-Kamil, jusqu’à recevoir sur son propre corps les stigmates, ces blessures qui le configurent au Christ crucifié.

C’est peut-être pour cela que François traverse aussi bien les siècles. Il ne nous laisse pas seulement une belle spiritualité. Il nous pose une question assez inconfortable :

Et si nous essayions vraiment de vivre ce que nous disons croire ?

Pas tous en abandonnant nos biens. Pas tous en partant sur les routes pieds nus. François lui-même n’a jamais demandé que tous deviennent François.

Mais en prenant l’Évangile suffisamment au sérieux pour qu’il change quelque chose à notre manière de regarder l’argent, les pauvres, la création, nos ennemis, nos frères… et Dieu.

Huit cents ans après sa mort, c’est probablement le plus bel hommage que nous puissions lui rendre : ne pas simplement admirer François.

Regarder avec lui dans la même direction. Vers le Christ.

Bonne fête à tous les François, à toute la famille franciscaine et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont un jour rencontré le petit pauvre d’Assise sur leur chemin.

Saint François d’Assise, priez pour nous.
Pax et Bonum. 🌿

— Geoffrey Wion-Florens, auteur
Ce que dit le désert ✨
Terra-minima.com
MonRosaire.com

10/01/2026

Bon mois d'octobre à tous!

09/27/2026

🙏 Des centaines d’enfants. Un pape. Une seule prière pour la paix.
Le 1er octobre, Léon XIV priera le chapelet avec 700 à 1 000 enfants à la Grotte de Lourdes, dans les jardins du Vatican, pour lancer une semaine mondiale de prière.

👉 À découvrir sur ZENIT. Lire l’article : https://fr.zenit.org/qw4w

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