14/08/2026
En séance de kinésiologie, je constate de plus en plus souvent des difficultés liées au besoin de contrôle, avec l'impossibilité de lâcher prise. Je me suis donc posée la question de savoir d'où cela pouvait venir et je me demande si notre façon de vivre aujourd'hui n'y contribue pas, au moins en partie.
À force d'avoir des outils censés nous simplifier la vie et nous permettre de tout prévoir, n'avons-nous pas perdu une partie de notre capacité à nous adapter à l'imprévu ?
Prenons un exemple tout simple : un colis.
Avant, on savait qu'il devait arriver dans quelques jours… et on continuait notre vie. Lorsqu'on le receveur on était ravi et s'il fallait aller le chercher à la Poste cela ne nous posait pas de soucis.
Aujourd'hui, on sait qu'il est au dépôt à 3h35, qu'il a quitté le centre de tri à 7h58 et qu'il est « en cours de livraison » et parfois même qu'il ne reste que trois arrêts avant le nôtre...
Alors on regarde. On actualise. On vérifie.
Et quelque part, on finit presque par organiser notre journée autour de son arrivée.
On se sent coupable de ne pas être à la maison au bon moment. On culpabilise presque de ne pas avoir ouvert la porte assez vite — et certains livreurs savent parfois très bien nous le faire sentir (en même temps vu comme ils sont fliqués je ne les blâme aucunement)
Pourtant, toutes ces informations ne nous donnent aucun contrôle supplémentaire sur l'heure à laquelle ce colis arrivera réellement, et même parfois la livraison est reportée ultérieurement.
Et ce n'est qu'un exemple.
Le GPS nous indique notre heure d'arrivée à la minute près… jusqu'à l'imprévu sur la route. Et là c'est la panique derrière le volant.
Internet nous donne accès à presque tout, immédiatement… jusqu'au jour où la connexion ne fonctionne plus.
Notre banque est accessible 24h/24 depuis notre téléphone… jusqu'au moment où l'application a un bug ou est en maintenance et là, c'est le drame.
Ces outils nous facilitent énormément la vie.
Mais à force de pouvoir tout suivre, tout prévoir et tout vérifier, peut-être sommes-nous devenus moins à l'aise avec ce qui échappe à nos prévisions.
Et c'est peut-être là que le lâcher-prise prend tout son sens.
Non pas arrêter de prévoir ou de s'organiser.
Mais retrouver cette capacité à se dire :
« Ce n'était pas prévu. Je ne peux pas le changer. Alors je vais m'adapter. »
Parce qu'au fond, lâcher prise, ce n'est pas renoncer à agir.
C'est aussi accepter que tout ne dépend pas de nous.