Conserverie sociale et solidaire du Diois

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projet de création d une boutique et d une conserverie anti gaspi sur le Diois, animations autour de la question du gaspillage alimentaire et de l'accessibilité à l'alimentation

02/02/2023
04/10/2022

LES TIERS-LIEUX NOURRICIERS, DE LA DÉMOCRATIE ALIMENTAIRE À LA TRANSITION AGROÉCOLOGIQUENos systèmes alimentaires sont e...
26/03/2022

LES TIERS-LIEUX NOURRICIERS,
DE LA DÉMOCRATIE
ALIMENTAIRE À LA TRANSITION
AGROÉCOLOGIQUE

Nos systèmes alimentaires sont en pleine mutation. La profession
agricole est appelée à transformer son mode de production dominant,
avec de nouvelles injonctions de préservation de la biodiversité sans
compromis sur le rendement. Une nouvelle prise de conscience se fait
de la faible résilience alimentaire des territoires. Peu de renouvellement
s’observe chez les agriculteurs et l’accès au foncier semble verrouillé,
alors que nous sommes confrontés dans le même temps à un besoin
grandissant de fournir une alimentation de qualité à un nombre croissant
de personnes et de la rendre accessible à tous.

Face à cela, des initiatives citoyennes émergent. Majoritairement
situés hors des 22 grandes métropoles, les tiers-lieux nourriciers
s’emparent d’une ou de plusieurs de ces problématiques. Ils opèrent
une reconnexion entre alimentation et agriculture, en questionnant les
modes de production, en s’essayant à des gestions collectives de la terre
et des communs. Ils explorent localement la prise en compte de nouveaux
indicateurs de richesse et des voies de transition agroécologique.

UN ENGAGEMENT CITOYEN POUR
ACCÉLÉRER LA TRANSITION AGRICOLE
L’émergence des tiers-lieux nourriciers est un signe du besoin des
citoyens de prendre part au renouveau des systèmes alimentaires, comme
en témoigne également la mobilisation citoyenne autour du renouveau de
la PAC (Politique agricole commune), à l’image de la plateforme « Pour
une autre PAC ».
Si l’engouement pour les circuits courts et pour une consommation
plus locale et éthique perdure (80 % des Français achètent des produits
locaux, et 4 sur 10 déclarent en acheter souvent, voire très souvent selon
IPSOS), le tiers-lieu o"re un cadre qui permet aux citoyens de s’investir
au-delà de leur rôle de consommateur.

Création de coopératives d’achats, mise en
place d’AMAP (Association pour le maintien
d’une agriculture paysanne), potagers partagés,
voire installation collective d’agriculteurs,
les tiers-lieux nourriciers invitent plus largement
à questionner nos réflexes alimentaires.
Ces espaces ouverts, qui, pour certains, mêlent professionnels et
amateurs, recréent un dialogue souvent rompu entre agriculteurs
et citoyens. Ils favorisent localement, sur un territoire partagé, la
compréhension mutuelle autour des contraintes de production, des
enjeux d’approvisionnement, de la formation des prix… Les collectivités
y trouvent un intérêt pour doter leurs politiques alimentaires –
conservation des terres agricoles et installation d’agriculteurs, PAT
(Projets alimentaires territoriaux), restauration collective locale… –
d’un volet de proximité.

DE NOUVEAUX CADRES COOPÉRATIFS
POUR L’ACTIVITÉ AGRICOLE
Lieux de passage, de travail, de mutualisation de ressources, les tierslieux nourriciers provoquent également le croisement et l’hybridation
de sphères professionnelles qui habituellement se côtoient peu. Au
100è
Singe (portrait p.98), on trouve autant des entrepreneurs du
secteur tertiaire que des néo-agriculteurs en ETA (espace-test agricole).
Reconstruire une proximité est une des voies de revalorisation des métiers
agricoles et une source d’innovation sociale et technologique.
La dynamique des tiers-lieux nourriciers
favorise également les évolutions
de parcours dans le monde agricole.
Pour faciliter l’installation agricole, les porteurs de projet se dotent de
cadres limitant les coûts d’accès au foncier (location, mise à disposition
des terres, groupement foncier agricole) et les coûts d’achat de matériel
(mutualisation, sécurisation des expérimentations grâce aux CAPE
(Contrats d’appui au projet d’entreprise). Des formes de société coopérative
se développent, à l’instar de La Ferme des Volonteux (portrait p.96)
constituée en SCOP (société coopérative et participative), permettant
de développer un outil de travail, mutualiser de la trésorerie, du matériel et
des bâtiments, et aux associés d’être salariés. Les agriculteurs deviennent
systématiquement entrepreneurs-salariés-coopérateurs.
UNE APPROCHE INCLUSIVE
DE L’AIDE ALIMENTAIRE
Enfin, on assiste au développement d’activités d’aide alimentaire dans
des tiers-lieux : paniers solidaires, distribution alimentaire, partenariats
avec les acteurs de l’aide alimentaire, épiceries solidaires, groupements
d’achats… Au cœur des tiers-lieux, espaces de sociabilité et de dynamisme
économique, ces fonctions prennent une autre dimension et sont pensées
pour impliquer les bénéficiaires dans la démarche. Ils sont ainsi invités à
prendre part aux activités, au jardin partagé, à la ferme urbaine, à être
acteur de l’autoproduction, à se réapproprier leur destin alimentaire. Plus
largement, cela leur ouvre des portes vers la découverte de la fabrication
numérique, des formations et accompagnement, des événements
culturels, des rencontres et échanges...
Publics précaires et non précaires se croisent dans un tiers-lieu,
sans s’identifier comme tels. Ils y ont tous les deux le même statut,
ils accèdent aux mêmes activités et se retrouvent autour d’un besoin
partagé d’une plus grande démocratie alimentaire. C’est particulièrement
le cas des tiers-lieux qui proposent des services d’épicerie solidaire ou de
groupements d’achats alimentaires.
Les tiers-lieux, en incluant les publics bénéficiaires dans leur projet,
contribuent à les sortir de l’aide alimentaire d’urgence et à les inscrire
dans une dynamique plus large d’émancipation. Ils font partie intégrante
ALIMENTATION DURABLE
L’Atelier Paysan : relocaliser la production de matériel agricole
Le PNA (Programme national pour l’alimentation)
et les PAT (Projets alimentaires territoriaux)
L’Atelier Paysan est une SCIC (société
coopérative d’intérêt collectif) d’autoconstruction qui accompagne agriculteurs et
agricultrices dans leur conception et fabrication
de machines et de bâtiments adaptés à
l’agroécologie paysanne, et qui met à leur
disposition des plans d’outils open source.
L’Atelier Paysan tente de redonner une
souveraineté technique et une autonomie
aux agriculteurs par la réappropriation des
techniques, savoirs et savoir-faire nécessaires
à la construction, la réparation et l’amélioration
des outils, machines et bâtiments. Il se définit
comme « une sorte de tiers-lieu mobile dédié
à la formation », mixant la capitalisation de
bonnes pratiques, la mise en partage de savoirs
en open source et des sessions de formation et
construction dans les territoires, en fonction de
la demande.
Les formations de l’Atelier Paysan constituent
la partie la plus connue et visible de ses activités.
Néanmoins, un de ses apports majeurs réside
dans sa capacité à produire et partager des
communs, utiles à l’ensemble des agriculteurs
et acteurs intéressés par la fabrication d’outils
d’agroécologie paysanne : plus de 100 plans
d’outils et de bâtis di"usés en open source ; de
nombreuses ressources ouvertes et partagées ;
des espaces de discussions et d’échanges ;
900 contributeurs actifs ; un événement « des
communs en exposition »…
De nombreux tiers-lieux travaillent en
partenariat avec l’Atelier Paysan pour se former
à l’auto-construction, mais aussi pour développer
des projets de fabrication d’outils et de machines
en open source, à l’image de La Ferme des
Volonteux (portrait p.96). La coopérative
constitue un partenaire de choix pour mettre
en place des infrastructures ouvertes œuvrant
à l’expansion de l’agroécologie.
L’appel à projets du PNA est l’un des outils
essentiels de la mise en œuvre de la politique de
l’alimentation par le ministère de l’Agriculture
et de l’Alimentation.
Il s’inscrit dans un renforcement des partenariats
en favorisant des projets co-financés autour de 3
axes : « justice sociale », « éducation alimentaire »
et « lutte contre le gaspillage alimentaire ». Deux
leviers transversaux sont identifiés pour accélérer
la transition pour une alimentation saine, sûre et
durable : la restauration collective et les PAT.
Les PAT sont des démarches de terrain,
volontaires, collectives. C’est un regroupement
des acteurs intéressés par la question de
l’alimentation qui établissent un diagnostic du
territoire et mettent en œuvre des solutions
concrètes pour répondre à des problématiques
locales. Le ministère de l’Agriculture a lancé
en 2014 une procédure de reconnaissance
et de soutien des PAT. Ce qui rassemble ces
démarches, c’est leur caractère collectif et le
fait qu’elles prennent en compte le sujet de
l’alimentation dans sa globalité. Plusieurs tierslieux participent au PAT de leur territoire, voire
en sont le moteur, tels La Smalah (à retrouver
p. 168) et le MENADEL (portrait p.94).
Le plan de relance annoncé par le
gouvernement le 3 septembre 2020 prévoit
une mesure dédiée au soutien des PAT, avec
une enveloppe de 3 millions d’euros réservée à
l’émergence de nouveaux PAT et à l’essaimage
d’initiatives déjà opérationnelles en les adaptant
à de nouveaux publics ou territoires. L’appel à
projets est ouvert du 1er mars au 15 avril 2021.
Il constitue une opportunité importante pour
l’ensemble des tiers-lieux agissant sur les
thématiques agroécologiques et alimentaires.
des nouvelles formes de lutte contre la précarité alimentaire, en réponse
aux enjeux soulevés par la mission réalisée en 2019 par Franck Le Morvan
et Thomas Wanecq, de l’IGAS (Inspection générale des a"aires sociales)1
UNE MONTÉE EN PUISSANCE À ACCOMPAGNER
La création des tiers-lieux nourriciers et les innovations qu’ils développent,
parce qu’ils appellent à la mobilisation des acteurs du territoire et à la coconstruction des approches, s’inscrivent dans un temps long. La question
alimentaire y est abordée à plusieurs échelles selon leur maturité : depuis
l’intégration des activités alimentaires à vocation pédagogique (ateliers
cuisine, potager, conférences…) dans les activités culturelles, artistiques
ou de coworking, à l’organisation d’actions collectives plus poussées
(approvisionnement local, production vivrière ou agricole), en passant par
le développement de petites filières alimentaires et d’économie circulaire
de territoire (valorisation d’invendus alimentaires).
UNE GOUVERNANCE ALIMENTAIRE LOCALE
QUI PORTE LA TRANSITION AGROÉCOLOGIQUE
Les tiers-lieux nourriciers émergent d’un besoin local. En tant qu’outils
de proximité, ils jouent un rôle de trait d’union entre des actions ancrées
localement et les réseaux d’acteurs de l’alimentation ou de la recherche.
Ils animent sur leur territoire des DAT (Démarches alimentaires
territoriales), à l’instar de la Smalah, qui dynamise un collectif d’acteurs
du pays Landes Nature Côte d’Argent, ou du 100e
Singe, qui anime un
réseau d’associations agricoles du département. Ces coopérations sont
également vertueuses dans l’élaboration des PAT, afin de « faire société »
autour de la question alimentaire et de participer à l’insertion par l’activité
économique, comme en témoigne le tiers-lieu MENADEL, dont le
projet est né d’un travail avec la communauté de communes de la région
d’Audruicq (portrait p.94).
Les tiers-lieux nourriciers démontrent un grand potentiel pour
faire passerelle entre des secteurs qui se côtoient peu, provoquer
des coopérations sur un même territoire et structurer une véritable
gouvernance alimentaire locale.

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