07/06/2022
💚❤️💛À la découverte de l’unique jeune femme sculpteure professionnelle de la capitale camerounaise
Aye’Art de son vrai nom Ayebonje Monique Philomène est l’unique jeune femme sculpteure professionnelle de la capitale camerounaise et l’une des rares du pays. Ce secteur de l’artisanat qui nourrit des milliers de Camerounais est essentiellement dominé par des hommes sur le plan de la production. Les femmes qui interviennent dans cette activité sont principalement des commerciales. Pour cause, le processus de création des objets nécessite des efforts physiques, beaucoup de patience et surtout un usage parfois douloureux des mains pour la finition des pièces. Ce qui peut expliquer le découragement des potentielles aspirantes.
Découvrons le parcours de cette artisane unique en son genre.
Orpheline de père à l’âge de 18 ans, elle a poursuivi ses études malgré la situation financière précaire de sa famille.
Après l’obtention de son baccalauréat littéraire, elle a fait un choix différent de celui de nombreuses jeunes filles de sa génération. Contrairement à ses camarades qui se sont inscrites en fac de droit, d’économie et autres…
Elle s’est intéressée aux à l’Université de Yaoundé I. cette décision avait suscité l’étonnement voire même l’indignation de certains de ses amis et proches qui s’interrogeaient sur l’intérêt d’un tel choix. Pendant sa formation de nombreux étudiants du campus de Ngoa-ékélé qui, les apercevant ses promotionnaires et qu’elle est en train de faire des cours pratiques de dessein en pleine nature se demandaient comment il est possible de s’inscrire à l’université pour apprendre un tel métier.
Après l’obtention de sa licence, l’heure était venue de choisir un domaine de spécialisation précis parmi les différentes possibilités offertes par la filière.
C’est ainsi qu’elle fit un choix audacieux qui va changer sa vie. Unique étudiante de la filière art plastique (Sculpture). Elle va apprendre aux côtés d’imminents enseignants et du célèbre Maitre EDOU. Son parcours sera sanctionné par l’obtention d’une Maîtrise en Art plastique et Histoire de l’Art, option Art plastique.
Déjà impliquée dans le monde professionnel pendant sa formation à travers des participations à plusieurs expositions et séminaires où elle a appris des cadors de l’art à l’instar de Cheik Diop incontournable de la sculpture à Yaoundé et l’artiste international promoteur de bandjoun station. Elle continue aujourd’hui de faire rayonner ce métier en apportant sa touche personnelle dans un monde entièrement dominé par la gent masculine.
Grâce à sa persévérance et une détermination sans pareille, elle donne une seconde vie aux résidus de bois d’ébène issus des exploitations industrielles. En fabriquant des objets de décoration, des œuvres d’art utilitaires, des trophées pour des compétitions et des pièces uniques.
Avec une œuvre qui interpelle le monde sur le changement climatique, elle a été l’une des trois lauréates du concours organisé lors du salon de l’immobilier au palais de congrès de Yaoundé en 2021.
Ayebonje Monique Philomène a déjà participé à plus de 60 expositions. Il s’agit entre autres de celles organisées par l’ambassade américaine, l’ambassade d’Espagne, de Suisse, l’hôtel Hilton, l’AMT, le ministère des Arts et de la Culture…
Elle a par ailleurs réalisé les trophées pour le compte du concours d’entrepreneuriat organisé par JPO SOLUTION ;
Des trophées de deux éditions de ’Art ;
Des cannes, bracelets et colis pour plus de 200 chefs de diverses nationalités invités il y a quelques mois à la deuxième édition du festival du peuple Koh Zimé dans la région de l’Est;
Plusieurs œuvres utilitaires…
Les difficultés d’accès à un local de qualité pour l’installation d’un atelier avec un espace d’exposition, l’accès aux équipements pour la sculpture et la promotion des œuvres d’art sont les principaux défis auxquels elle est confrontée.
Dans l’optique d’inspirer des vocations féminines pour l’artisanat. Elle est sur le point de finaliser le projet de création d’une association qui sera une plateforme de partage d’expériences entre artisans et offrira la possibilité à d’autres femmes de pouvoir apprendre un métier qui pourra leur permettre de mieux prendre soin d’elles.
Ce parcours singulier dans une ville de plus de 4 millions d’habitants pourrait être une source d’inspiration pour les jeunes. Elle nous enseigne qu’en dépit des difficultés et des innombrables tentations auxquelles la jeunesse est confrontée au quotidien, il est encore possible grâce au bon choix d’un parcours universitaire et à l’entrepreneuriat de gagner sa vie dignement.
YAKANA Victor.