31/10/2015
Populations de Dassa et environs,
Nous diffusons cette publication du journal "l'événement précis" en date du 13 janvier 2015.
Notez bien, ce sont les propos d'un journaliste d'învestigations. La seule raison pour laquelle nous les diffusons, est l'éthique qui nous anime ici à GAM Bread : Faire du business ne signifie pas tuer ses clients.
Et quand vous aurez fini la lecture, venez nous rendre visite. Nous avons reçu l'autorisation du service d'hygiène du ministère de la santé, et nos produits sont périodiquement analysés au laboratoire national de contrôle et de sécurité des aliments. Alors en choisissant les pains de la Boulangerie GAM Bread (tél. 97 255 314ou 95 116 870), vous choisissez avant tout de préserver votre santé.
Bonne lecture.
Au Bénin, certains produits
toxiques continuent d’être utilisés dans la
fabrication du pain au Bénin. Parmi ceux-ci, le
bromate de potassium, un produit hautement
toxique et cancérigène dont usent et abusent
des boulangers pour obtenir le plus de pain
possible.
Il ne fait aucun doute et des enquêtes l’ont
confirmé : au Bénin, certains boulangers font
usage du bromate de potassium pour
fabriquer le pain qu’ils proposent à des
millions de consommateurs sur toute l’étendue
du territoire. Friands d’un pain doré et
croustillant, nombreux sont, ainsi, les Béninois
exposés à des troubles gastro-intestinaux et
rénaux, ainsi qu’à des lésions au niveau du
système nerveux et même au cancer de
plusieurs organes (reins et thyroïde). Guidés
par le gain et profitant de l’absence de
contrôles rigoureux et systématiques de la
part des autorités concernées, ces boulangers
sont ravitaillés en bromate de potassium grâce
à un réseau bien ficelé et très difficile à
appréhender, alors que ce produit est interdit
par l’arrêté interministériel N°004/MICPE/MFE/
DC/SG/DCCI/DCE du 06 janvier 2005 portant
interdiction de la commercialisation de certains
adjuvants en République du Bénin. Le produit
se présente sous forme de comprimés dans
des boîtes cylindriques. Achetée à 10.000
francs CFA environ, la boîte de 250
comprimés, le bromate de potassium est
écrasé ou dissout dans de l’eau avant d’être
incorporé à la pâte de pain qu’il fait gonfler.
Ainsi, s’il devrait normalement obtenir 50
pains, le boulanger finit facilement par en
sortir 60 à 70 du four. Les pains les plus
touchés par cette pratique sont les pains dits
bât**ds, vendus à 125 francs et qui sont
d’ailleurs les plus consommés dans le pays. En
mars 2009, Armand Zinzindohoué, alors
ministre de l’Intérieur avait adressé à sa
collègue du Commerce, à l’époque, un
courrier dans lequel il invitait les services
compétents de ce Ministère à prendre des
dispositions en vue de démanteler le réseau de
distribution des boulangeries indexées dans
l’utilisation du bromate de potassium. Quatre
ans plus t**d, la situation persiste et, bien que
partielles, les statistiques disponibles ne
rassurent pas. Dans les départements de
l’Ouémé et du Plateau, par exemple, des
enquêtes menées de 2010 à 2012 par des
équipes de la Direction départementale de
l’Industrie, du commerce, des petites et
moyennes entreprises de l’Ouémé-Plateau
nous apprennent que près de 75% des
boulangeries utilisent des substances toxiques
pour fabriquer du pain. Des mesures pour
préserver la santé des populations s’imposent
alors le plus tôt possible. Car, selon le Dr
Philippe Capo-Chichi, le Directeur du
Laboratoire national de toxicologie, « un
échantillon de pain peut en contenir mille fois
plus que la limite conseillée». G uidés par la
recherche du maximum de profit, les
boulangers coupables du fait n’hésitent pas à
en mettre de grosses quantités. «Ils en mettent
suffisamment de manière à avoir, à partir
d’une petite pâte, beaucoup de pain »,
souligne, justement, à ce propos, M. Gbaguidi.
Selon lui, on ne saurait dire, avec exactitude,
qui de l’informel ou du formel emploie cette
pratique nuisible à la santé. Car, faut-il le
souligner, le secteur est infesté d’illégaux qui
viennent y livrer une bataille des plus
impitoyables aux professionnels régulièrement
autorisés et installés. Constitués en
association, l’Association Nationale des
propriétaires et exploitants des boulangeries
et pâtisseries du Bénin, ces derniers se sont
donné pour mission de restructurer totalement
le secteur et y mettre de l’ordre. Les
pourparlers sont en cours avec les autorités
du Ministère de tutelle, a annoncé, à ce
propos, le président de l’association, décidé à
remettre les choses en place.
« L’industrie du pain est une industrie
malade », Dr Emmanuel Sèdégan, ancien
directeur de la Promotion industrielle
Ancien directeur de la Promotion industrielle,
Dr Emmanuel Sèdégan a mené des actions
visant à assainir le milieu. Des actions qui,
paradoxalement, n’ont pas été appréciées.
Voici son témoignage.
« Ma première opération en tant que directeur
de la promotion industrielle, c’était à Bohicon.
On s’était levés très tôt, parce que le pain se
fabrique très tôt. On a pris les gens, la main
dans le sac. Le produit était là. Ils ne
pouvaient pas nier. A Parakou, j’ai visité trois
boulangeries. La première utilisait encore le
produit, le bromate de potassium interdit au
plan mondial, y compris au Bénin, par les
textes. La deuxième boulangerie aussi utilisait
le produit. Je voulais faire un grand bruit. On
a voulu me corrompre. A Bohicon, on m’a
donné de l’argent, mais j’ai refusé. Partout, la
réaction du peuple a été très négative. J’étais
assailli par les revendeuses, bébé au dos, qui
sont venues me voir pour me dire de laisser
tomber. Le prophète Osée a dit « Mon peuple
meurt, faute de connaissance ». Maintenant, le
peuple a la connaissance et choisit de périr.
Nous en sommes arrivés à une déchéance
morale, éthique. Ça dépasse l’entendement. Je
pensais avoir fait ce qui est bon. (….), ça a
été relayé par la presse, et mon intervention
est encore visible sur mon site,
www.sedegan.com . J’ai reçu beaucoup de
coups de fils d’amis qui m’ont dit qu’on ne fait
pas ça au Bénin, que les gens ne vont pas
m’aimer. Je pensais avoir fait quelque chose
de bien. J’arrive à Cotonou et mon ministre
m’appelle, dit au Directeur général de
l’industrie de m’envoyer une demande
d’explication. J’y ai répondu et expliqué que je
ne peux voir du faux et accepter la
compromission. Il s’agit de la santé du peuple.
En notre temps, le pain était un aliment de
luxe. Aujourd’hui, c’est un aliment vulgaire. Si
on ne ménage pas ce qui est devenu vulgaire,
c’est grave pour le peuple ! On ne peut pas
faire l’émergence d’un peuple. Les études ont
prouvé que le bromate donne le cancer. Le
problème est si sérieux qu’un ami très haut
placé est venu me voir dans mon bureau pour
me féliciter et me dire que j’ai fait ce que
personne n’a jamais fait au Bénin, mais de ne
plus le faire. J’ai constaté aussi que, la
plupart des gens qui ont des boulangeries
sont aussi des gens qui ont des moyens, sont
bien avec tous les milieux, ou parfois sont
dans ces milieux politiques. D’ailleurs, quand je
devais faire l’opération à Comé, on a refusé
de me donner la voiture, le carburant. J’ai dû
préfinancer moi-même. J’ai parlé au président
Zinsou. Il a pris un rendez-vous pour moi, un
mercredi, avec le chef de l’Etat. Le Président
de la république m’a reçu pendant 40
secondes environ. J’ai l’art de parler. Ce que
je voulais lui dire, j’ai dû le résumer et lui dire
qu’on ne peut pas faire le développement avec
un peuple cancérigène. Le président a eu une
très bonne réaction. Ce n’est pas son
domaine. Il doit déléguer des pouvoirs. Il a
appelé le ministre Kessilé Tchalla. Mais, on n’en
a plus jamais reparlé avant que ce dernier ne
quitte le Gouvernement. Je ne dis pas que les
pains sont cancérigènes à 100%. On dit que
les pains sucrés contiennent du formol. Avec
tout le niveau d’insécurité qu’on reconnaît au
Nigéria, on m’a dit que tout fabricant de pain
doit mettre dessus ‘’without bromate’’. Ça
veut dire que le Nigéria a pris des mesures
conservatoires. Qu’est-ce que le Bénin ne
peut pas faire pour que le peuple soit en
bonne santé, surtout que le pain n’est plus un
luxe ? Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut
pas me retrouver dans la corruption. Tout le
monde voit, mais on laisse, on se complait et
on laisse faire. Tout le monde sait que c’est
impropre. Allez au marché Dantokpa. Quand
vous achetez la farine de blé, ils vont vous
demander si vous voulez acheter « la chose »,
parce qu’ils ne l’exposent pas publiquement,
puisque c’est interdit et dangereux. Quand j’ai
mis ce produit dans ma main pour le montrer à
la presse à Parakou, ma main est restée noire
pendant près d’un an ! Ceux qui peuvent faire
quelque chose pour que ça change gênent des
intérêts. Vous pouvez être au poste et on peut
vous contourner. Si vous n’avez pas le
soutien de la hétérarchie aussi, c’est comme
ça. Le soutien de la hiérarchie manque, les
moyens pour le faire aussi. Soit, on vous
enlève, soit, si vous êtes directeur, on trouve
quelqu’un qui est sous vos ordres pour aller
faire les mêmes contrôles industriels, parce
que là, eux ils vont se rassasier d’une certaine
manière. Je constate que le problème perdure
et personne ne remet rien en cause. Si c’était
dans un pays où on se respectait, après que
j’ai fait cette émission, le Parlement devait
interpeller le Gouvernement. La Société civile
devait interpeler le Gouvernement. Les
journalistes aussi sont complices. Leur silence
est coupable. La presse devrait relayer,
mettre la pression sur le Gouvernement. Des
voies existent. Ce qu’il faut faire, c’est de
créer carrément une agence de surveillance
de l’alimentation et la doter de tous les
moyens, en hommes et en matériels. Le
problème des boulangeries clandestines est
très grave et ce ne sont pas les clandestins
seulement qui font la chose. L’industrie du
pain est une industrie malade. Elle est malade
de l’autorité qui est impuissante à faire
respecter les textes. Elle est malade de la
gourmandise de ceux qui savent que c’est
mauvais et pourtant qui vendent ce qui est
mauvais pour tuer le peuple. Elle est malade
de la complicité de la presse, du silence du
parlement et du silence de la société dite civile
si elle n’est pas si vile » .
Propos de quelques consommateurs
Etienne Assogba, président de l’Union
communale des producteurs de Dassa-Zoumè
« Que les services compétents saisissent les
pains et sanctionnent les boulangers »
« Il y a plusieurs pains, aujourd’hui. Ça fait le
problème de la DANA (Direction de
l’alimentation et de la nutrition appliquée,
ndlr), qui doit faire des contrôles et
sanctionner ceux-là. Tant que la DANA,
service assermenté du contrôle de la qualité
des aliments n’agit pas, nous consommateurs,
on ne peut pas connaître le pain qui contient
des substances toxiques sur les étalages. On
dit que, jusqu’à preuve du contraire, ce sont
des rumeurs. Donc, il faut que les services
assermentés montent sur les étalages,
saisissent des pains, sanctionnent des
boulangers. Là, ça va réduire ces manœuvres
frauduleuses, comme on a fait pour les
boissons alcoolisées frelatées. Quand la
Direction du Commerce est allée dans les
marchés et a fermé des commerces, les gens
ont eu peur. Il faut que la DANA prenne ses
responsabilités ».
Pascal Tchékounou, Conseiller en nutrition
« Il y a des substances nocives que les gens
utilisent »
« Je suis un rare consommateur de pain. Je
me suis toujours posé la question de savoir si
les autorités compétentes contrôlent la
manière dont les gens fabriquent le pain au
Bénin. Je sais qu’il y a des substances nocives
pour la santé que les gens utilisent pour faire
gonfler le pain. Mais pourtant, à aucun
moment, l’accent n’a été mis par les
structures concernées sur les dangers que
courent les populations».
Robert T., Enseignant à Tori-Bossito
« Je pense qu’on ne saurait continuer à en
manger »
« Je consomme du pain. J’ai entendu parler
récemment de certaines pratiques sans y
prêter une attention particulière. Si ces
pratiques sont avérées, alors, nous sommes
bien paumés. Nous sommes perdus. Car, nous
sommes sans protection. Je pense qu’on ne
saurait continuer à en manger, surtout que
même des villageois vous mettent en garde en
vous informant que les pains seraient
toxiques».
Ramanou Gbadamassi, Opérateur économique
«Le pain, tel qu’il est livré, aujourd’hui,
présente des aspects dégueulasses »
« Le pain, tel qu’il est livré, aujourd’hui, au
consommateur béninois présente des aspects
dégueulasses. D’abord, vous avez l’impression
que ce n’est pas bien cuit. On a des pains
entièrement blancs, et on se demande si c’est
à cause d’un produit, ou si c’est la chaleur qui
n’a pas été suffisante. En plus de cela, le pain
varie d’une localité à une autre. Le pain que
vous achetez à Bohicon est totalement
différent du pain que vous consommez à
Cotonou. Même quand vous prenez la région
de Cotonou, à Womey où je me trouve, par
exemple, les pains qu’on nous vend sont
différents des pains que je trouve à Cotonou.
Il y a aussi un grand problème d’hygiène qui
se pose à propos des pains qu’on nous vend
dans la rue. Il faudrait que l’Etat s’implique
dans leur fabrication et essaie de recycler les
promoteurs de ces boulangeries-là. C’est vrai
que c’est un secteur que les gens n’aiment
pas toucher. Mais, il va falloir le faire, parce
que la santé des Béninois en dépend. Il faut
qu’il y ait des contrôles et si quelqu’un tombe
sous le coup de la loi, il faut taper fort.
D’habitude, quand je rentre à la maison les
soirs, vers le carrefour Togoudo, je vois un
monsieur qui amène un gros panier rempli de
pains, au bord de la voie, en plein air, avec
toute cette poussière et reste là jusqu’à 22/23
heures. Normalement, on doit appréhender ce
monsieur, parce que ces conditions de vente
exposent les consommateurs. L’Etat ne doit
plus croiser les bras. Les associations de
défense des consommateurs n’ont pas les
moyens et ne peuvent que dénoncer ce qui se
passe. C’est l’Etat qui dispose des moyens
pour réprimer. Il y a beaucoup d’illégaux dans
le secteur qui exercent dans des maisons,
avec des fours qui ne sont pas appropriés et
une main d’œuvre sous-payée. L’Etat doit
pouvoir interdire ça et désormais, étiqueter
les pains à partir des vendeuses des
boulangeries et là, en cas de problème, on
saura la boulangerie qui a fabriqué ce pain».