21/02/2026
Franchement, ras le bol.(Partagez un maximum)
Ras le bol parce que, ces derniers temps, je reçois de plus en plus d’appels de clients désespérés. Des gens qui me contactent après coup, une fois que le mal est fait. Des chantiers d’aérogommage complètement ratés. Des bois massacrés, des pierres creusées, des surfaces irrécupérables. Et à chaque fois, la même histoire : quelqu’un s’est lancé sans vraiment savoir ce qu’il faisait.
L’aérogommage, ce n’est pas juste projeter un abrasif et espérer que ça “nettoie”. C’est une technique fine, qui demande de connaître les supports, de régler précisément la pression, de choisir le bon abrasif, d’adapter la distance et le geste. On ne travaille pas un chêne ancien comme un bois tendre. On ne décape pas une pierre fragile comme un mur en béton. Chaque matériau réagit différemment, et une erreur peut être irréversible.
Et pourtant, de plus en plus de personnes se lancent sans formation sérieuse, sans expérience, sans comprendre les conséquences. Résultat : des fibres de bois éclatées, des détails effacés, des surfaces creusées, des éléments anciens dénaturés. Et ensuite, c’est moi qu’on appelle pour “rattraper” l’irattrapable.
Ce qui me fatigue le plus, ce n’est même pas de devoir intervenir après coup. C’est de devoir annoncer à un client que son support est trop abîmé, que le rendu ne sera jamais celui espéré, que le “moins cher” va finalement coûter bien plus cher. C’est voir la déception dans leurs yeux quand ils réalisent que leur meuble, leur poutre ou leur escalier a perdu une partie de son authenticité.
Ce métier mérite du respect. Il demande de la rigueur, de la formation, de l’humilité. Il faut savoir faire des essais, refuser certains chantiers, expliquer les limites de la technique. Il faut accepter que tout ne se décape pas de la même manière, et que la précipitation n’a pas sa place ici.
Alors oui, ras le bol de devoir réparer les dégâts laissés par des improvisés. Ras le bol de voir la réputation de l’aérogommage entachée par des pratiques bâclées. Ras le bol d’entendre : “On ne savait pas que ça pouvait faire ça.”
L’aérogommage est un vrai savoir-faire. Et un savoir-faire, ça s’apprend, ça se travaille, et ça se respecte.